LNH: Lukas Cormier fier d’être un Golden Knight

Depuis son jeune âge, Lukas Cormier a rêvé maintes fois de ce moment dans son lit à la maison familiale de Sainte-Marie-de-Kent. Mercredi après-midi, vers 15h15, ce qui n’était jusque-là qu’une fiction est devenue la réalité quand les Golden Knights de Vegas l’ont sélectionné au 68e rang en troisième ronde.

L’Acadien de 5 pieds 10 pouces et 180 livres est du même coup devenu le premier joueur du comté de Kent à se faire repêcher par une équipe de la Ligue nationale depuis 1986, année où l’ailier gauche Everett Sanipass, d’Elsipogtog, avait vu les Blackhawks de Chicago le choisir au 14e rang de la première ronde (lire encadré).

L’attente aura été longue pour le défenseur gaucher de 18 ans, qui avait rencontré 30 des 31 équipes au cours des derniers mois et plusieurs d’entre elles à quelques reprises. En fait, seul les Stars de Dallas ne l’ont pas approché.

«Ç’a été long et c’était énervant, confie Cormier, qui était chez ses parents, où famille et amis étaient présents. Nous étions tous au bout de notre siège. Il y a plusieurs équipes avec qui j’avais eu un bon feeling quand je les ai rencontrées. Maintenant, je suis fier d’être un joueur des Golden Knights de Vegas.»

Cormier dit avoir parlé avec le président des opérations hockey George McPhee, le directeur général Kelly McCrimmon et l’entraîneur-chef Peter Deboer quelques minutes après sa sélection.

«Ils m’ont souhaité la bienvenue et ils m’ont dit qu’ils étaient fiers de m’avoir repêché», dit-il.

Évidemment, ses parents Mario et Gisèle étaient tout aussi excités que lui.

«Ça ne se décrit pas ce que je ressens, s’exclame la maman avec émotion. Ç’a été très long avant d’entendre son nom. Je le regardais et je savais qu’il était triste. Mais là, finalement, une fois qu’on a entendu son nom, nous étions très contents. Il y a beaucoup de larmes qui ont coulé.»

«C’est touchant de voir son enfant réaliser un rêve. Et quelque part, c’était aussi devenu notre rêve de famille parce que nous l’avons toujours suivi là-dedans. Lukas a toujours été un garçon déterminé. Tout jeune, il était déjà passionné de hockey et de golf», raconte Gisèle, toujours aussi émue.

Le paternel Mario n’en revenait pas encore de ce qu’il venait de vivre avec les siens.

«C’est très excitant, révèle ce grand partisan des Capitals de Washington qui promet désormais d’encourager les Golden Knights. Nous avons vécu toutes sortes d’émotions depuis hier soir, mais ça en vaut la peine.»

«Les Golden Knights ont fait un bon choix en repêchant Lukas. C’est un gars sérieux qui n’hésite pas à travailler. C’est d’ailleurs ce travail qui l’a emmené là où il est aujourd’hui. Depuis qu’il est tout jeune, nous savions qu’il était spécial. Nous avons un bon garçon et je suis content qu’il se trouve dans une bonne place. Se faire repêcher est cependant une chose. La prochaine étape sera de faire le club», ajoute Mario.

Cormier se joint de plus à une organisation qui semble grandement apprécier les francophones, où on retrouve déjà le gardien Marc-André Fleury, ainsi que les attaquants Jonathan Marchessault, Nicolas Roy et William Carrier. Cormier aura été le deuxième choix de l’équipe après le joueur de centre Brendan Brisson, lundi soir, au 29e rang. Brisson est le fil de l’agent de joueur Pat Brisson.

Par ailleurs, Cormier, qui vient d’entamer sa troisième saison avec les Islanders de Charlottetown, occupe actuellement le premier rang des pointeurs de la LHJMQ avec un total de six points (2-4) en seulement deux rencontres. En fait, si on ajoute les sept points accumulés lors de ses trois parties préparatoires, c’est pas moins de 13 points (3-10) que Cormier a amassés en cinq parties depuis la reprise des activités.

«Je veux m’imposer à l’offensive et je voulais avoir un impact dès le début. L’un de mes objectifs est d’ailleurs d’être choisi pour le Championnat mondial junior. Je veux aussi être un leader auprès de mes coéquipiers à Charlottetown. Ils sont d’ailleurs tous contents pour moi d’avoir été repêché», dit-il.

La saison dernière, malgré une blessure à un pied qui lui a fait rater plusieurs rencontres, Cormier a compilé 36 points (6-30) en 44 matchs, soit le même nombre de points que lors de sa saison recrue (15-21) en 64 parties. Il avait d’ailleurs été choisi dès sa première campagne au sein de l’équipe d’étoiles des recrues.

Les Islanders avaient fait de l’ancienne vedette des Flyers de Moncton leur choix de première ronde, le quatrième au total, en 2018. Notons qu’il a aussi représenté le Canada au tournoi international des moins de 18 ans Ivan Hlinka en 2019.

Everett Sanipass se souvient

Trente-quatre ans. Voilà le nombre d’années qu’il aura fallu pour convaincre une équipe de la Ligue nationale de hockey à venir puiser dans le comté de Kent. En 1986, Everett Sanipass était dans les gradins du Forum de Montréal en compagnie de son père Joe, de sa mère Marion et de son agent Rick Curran quand les Blackhawks de Chicago l’ont choisi au 14e rang de tout l’encan.

«Je m’en souviens comme si c’était hier», affirme l’ancienne vedette des Canadiens junior de Verdun et des Bisons de Granby.

«Je me rappelle aussi encore de la première fois que je suis entré dans le vestiaire de l’équipe au camp d’entraînement. C’était quelque chose de voir les Denis Savard, Doug Wilson, Steve Larmer, Troy Murray, Al Secord et les autres vedettes de l’équipe. L’ambiance était tellement géniale dans le vieux Stadium de Chicago. Les partisans y étaient incroyables», raconte-t-il.

Sanipass a évidemment suivi de près le repêchage d’hier à la télévision. Comme plusieurs autres, il voulait savoir où allait se retrouver Lukas Cormier de Sainte-Marie-de-Kent. Il n’a d’ailleurs pas manqué de féliciter le jeune défenseur dans les médias sociaux.

«C’est excellent ce qui lui arrive. Je suis très heureux et excité pour lui à l’idée de ce qu’il doit actuellement expérimenter. Je n’ai malheureusement jamais vu jouer Lukas, mais c’est garanti que je vais désormais suivre sa carrière de près. Ça me fait plaisir de voir que l’on parle de nos athlètes», révèle Sanipass.

«Si je peux me permettre un petit conseil, ce serait d’être prêt, d’être constant et de ne jamais abandonner. Il doit aussi garder les deux pieds sur terre et être un bon modèle pour les jeunes», indique celui qui a amassé 25 buts et 59 points en 164 rencontres dans la LNH avec les Blackhawks et les Nordiques de Québec.

Malheureusement pour Sanipass, une série de blessures, particulièrement au dos, ont écourté sa carrière.

«J’ai encore de la difficulté aujourd’hui à accepter ce qui m’est arrivé. Je me demande encore à quoi ma carrière aurait ressemblé dans cette opération dans le bas du dos. J’ai dû rester sur la table d’opération pendant sept heures. On m’a dit ensuite que cette opération a mis un terme à ma carrière. Ç’a été difficile de me retirer à 25 ans. Heureusement, j’ai eu le temps de me faire plein d’amis et j’ai appris plein de trucs en pratiquant ce sport que j’adore», souligne Sanipass.

Rappelons que Sanipass était devenu à l’époque le premier Néo-Brunswick à se faire choisir en première ronde après Jim Malone, de Miramichi. Ce dernier est en passant l’oncle de Cole Huckins du Titan d’Acadie-Bathurst. – RL