Christien Savoie sur les pas de Jean-Yves Thériault

Le combattant en arts martiaux mixtes Christien Savoie rêve de devenir un jour le deuxième Acadien à remporter un titre mondial individuel dans un sport de combat après le kick-boxeur Jean-Yves Thériault, qui a occupé le sommet de son sport de 1980 jusqu’à sa retraite en 1995.

Savoie, qui est originaire de Saint-Jean, aura l’occasion de se rapprocher de son rêve le 19 novembre au ECW Arena de Philadelphie, alors qu’il sera opposé dans la finale de la soirée à l’Américain Bassil Hafez avec à l’enjeu le titre des mi-moyens (170 livres) de la Cage Fight Fury Championships (CFFC), une Fédération de l’État de la Pennsylvanie qui présente régulièrement des matchs de niveau international.

«C’est spécial d’obtenir un tel combat parce que ce n’est pas évident dans cette période de pandémie. Je n’ai pas combattu depuis janvier», affirme le Saint-Jeannois de 28 ans.

C’est pour lui aussi un baume après la déception de cet été, alors qu’il était dans les rangs pour livrer bataille dans un gala de la Dana White’s Contender Series à Las Vegas.

«C’était pas mal certain que j’y aille jusqu’à ce que les organisateurs décident de changer d’idée. Ce que les gens doivent savoir c’est que ces galas servent à Danna White pour recruter ses prochains combattants en UFC. Si tu impressionnes dans l’un de ces galas, il te fait signer un contrat pour la UFC», mentionne Savoie, qui estime que ce n’est que partie remise.

«Mes entraîneurs m’ont dit que j’allais obtenir ma chance si j’obtiens une victoire convaincante contre Hafez à Philadelphie. Si c’est le cas, je vais me rapprocher de mon rêve. Ça fait 15 ans que je travaille pour ça. Je sais depuis ma victoire contre Kris Lee en 2017 que j’ai ce qu’il faut pour me rendre au bout de mes rêves. Je le sais aussi parce que j’ai été capable de tenir mon bout devant des combattants comme Ryan Bader et Anthony Pettis à l’entraînement. Au cours des dernières années, j’ai eu la chance de m’entraîner avec certains des meilleurs combattants au monde et je sais maintenant ce que je peux faire contre eux», dit-il.

«De toute façon, c’est là où j’en suis dans ma carrière. Des combats faciles il n’y en aura plus. Je veux de gros combats et je veux démontrer aux gens de la UFC ce dont je suis capable de faire. Mon objectif numéro un est de les convaincre de me faire signer un contrat. Et une fois que ce sera fait, ça devrait me prendre de cinq à 10 combats pour obtenir un match de championnat du monde», confie celui qu’on surnomme Tiger dans le milieu.

Savoie, toujours invaincu chez les professionnels (8-0-0), est évidemment le favori pour triompher devant Hafez (5-2-1). Cela dit, l’Acadien ne veut pas mettre la charrue avant les bœufs.

«Ça reste un très bon combattant, révèle-t-il. Oui j’aborde ce combat avec confiance, mais Hafez est un bonhomme coriace. Et en plus, il va avoir la chance de combattre dans sa ville. Même s’il n’y aura pas de spectateurs, ça demeure quand même un avantage pour lui. Et de toute façon, si tu regardes les gars contre qui il a perdu, ils étaient tous d’excellents combattants.»

«Hafez est un spécialiste du ju-jitsu et ce sera à moi de ne pas me placer dans une situation où il peut s’attaquer à mon cou ou l’un de mes bras. Mon intention est d’imposer le rythme du combat. Le plan est de le finir avant la fin du troisième engagement», souligne Savoie.

Par ailleurs, en raison de la COVID-19, ses entraîneurs Chris Peters et Jon Kelly ne pourront pas l’accompagner à Philadelphie.

«Ils ont tous les deux des PME et c’est tout simplement impossible pour eux de s’absenter longtemps. C’est trop compliqué. Alors j’aurai plutôt dans mon coin mon père Paul, qui sera davantage là pour m’encourager, et mon bon ami Emmanuel Sanchez», termine Christien Savoie, qui projette aussi d’aller se faire photographier devant la célèbre statue de Sylvester Stallone.

Christien Savoie célèbre sa victoire du 18 janvier dernier contre Pat Carroll. – Gracieuseté: Creative Lifestyles Studio

En bonne compagnie

Si Jean-Yves Thériault demeure le seul Acadien à avoir détenu un championnat mondial individuel dans un sport de combat, il faut préciser que René Dupré (Goguen) a mis la main deux fois sur des titres en équipe dans la World Wrestling Entertainment.

Il y a aussi Maryse Ouellet qui a remporté la ceinture des divas, mais le titre féminin n’était pas considéré comme un championnat mondial à l’époque.

Toujours en lutte, Marc Roussel, alias Marko Estrada, s’est lui-même autoproclamé le «champian du mande», mais les Fédérations où il a remporté ses titres individuels (NSPW, UCW, etc) sont avant tout des promotions régionales.

Parmi les combattants de l’Acadie qui sont venus bien près de réussir l’exploit, on retrouve le boxeur Yvon Durelle et le kick-boxeur Raoul Doucet.

Rappelons que Durelle a affronté à deux reprises le champion mondial des mi-lourds en 1958 et 1959 et qu’il a subi chaque fois la défaite. Quant à Doucet, il s’est incliné devant le champion du monde de l’IKF Mark Selbee en septembre 2004.