Charles-William Gagné doit prendre son mal en patience

Même si la France a décidé d’imposer un confinement plus souple que celui de mars dernier, tous les sports sont suspendus jusqu’à nouvel ordre. Pour l’ancien attaquant des Tigres de Campbellton Charles-William Gagné, c’est possiblement déjà la fin de sa première expérience de hockey professionnel.

Après deux mois chez les Français, Gagné est de retour au Québec depuis vendredi.

«Je suis maintenant dans l’attente de nouvelles, dit-il. Il y a encore des possibilités que la saison débute en janvier. Mais honnêtement, je ne serais pas surpris qu’ils annoncent que la saison est annulée.»

«Quand j’ai quitté l’équipe vendredi, tout le pays était en zone rouge», révèle le petit joueur de centre de 5 pieds 8 pouces et 170 livres, qui a toutefois tenu à préciser qu’il n’y avait aucun cas de COVID-19 dans son équipe d’Amnéville.

Notons que l’épidémie de coronavirus frappe durement la France avec plus de 45 000 nouveaux cas seulement lundi.

Gagné aura néanmoins eu le temps de vivre plusieurs aventures lors de son court séjour en Europe.

Au départ, le hockeyeur âgé de 21 ans devait s’aligner pour les Jets d’Évry-Viry en Deuxième division. Sauf que ses exploits lors de ses deux premiers matchs préparatoires l’ont propulsé chez les Albatros de Brest en Première division.

«Dès mon premier match préparatoire, j’ai carrément explosé en y allant de quatre buts et trois passes contre les Lions de Wasquehal. Puis lors de ma deuxième partie, j’ai joué deux buts et une passe. Ça me faisait donc 10 points en deux matchs», raconte Gagné.

«J’ai alors eu la chance de parler avec Mathieu Tremblay des Albatros de Brest, qui est représenté par la même agence que moi (Agence Bergeron Hockey). Il a proposé aux dirigeants de me donner une chance. Deux jours plus tard, l’entraîneur Alan Jacob m’a appelé pour me faire une offre et j’ai aussitôt pris le train pour me rendre à Brest. Disons que le niveau de jeu était une grosse coche supérieure à la Deuxième division.»

Là-bas, on m’offrait un rôle de troisième centre avec des responsabilités plus défensives. Malheureusement, un défenseur s’est blessé et l’équipe a alors décidé de retrancher un attaquant pour aller chercher un défenseur (le Québécois Mathieu Gagnon). C’est moi qui a écopé», mentionne Gagné.

C’est ainsi qu’il est retourné en Deuxième division, cette fois-ci chez les Red Dogs d’Amnéville, où il a passé le dernier mois.

«À Amnéville, en plus de m’entraîner avec l’équipe, j’ai aussi été entraîneur pour le hockey mineur. C’est dans mon contrat de m’occuper de plusieurs jeunes du hockey mineur. J’ai aimé ça, surtout que c’est dans mes plans de devenir entraîneur», confie-t-il.

«Ç’a été assez intense mon séjour en France. J’étais conscient qu’en raison de la pandémie, ça risquait d’être difficile. Mais je tenais à saisir cette occasion. Même si la saison n’a pas eu le temps de débuter, je me suis quand même fait un nom. J’ai capté l’intérêt de certaines personnes. J’ai mis les pieds dans le hockey français et je ne repartirai pas de zéro quand je vais y retourner», ajoute celui qui a disputé trois saisons avec l’équipe junior du Restigouche.