Les sports universitaires annulés pour l’année

C’était pour ainsi dire inévitable. C’est donc sans surprise que l’organisme Sport universitaire de l’Atlantique (SUA) a annoncé mercredi que la saison régulière, les séries éliminatoires et les championnats des sports d’hiver étaient annulés. C’était d’autant plus prévisible depuis que la deuxième vague de la COVID-19 a fait éclater la bulle de l’Atlantique.

Cette annonce vient aussi confirmer que tous les sports universitaires à travers le pays sont désormais annulés pour la saison 2020-2021. L’Atlantique était la dernière région du pays qui n’avait toujours pas rendu de décision finale.

Le SUA va toutefois autoriser des compétitions hors-concours organisées par les universités au cours du semestre d’hiver à venir. Ce que ça veut dire c’est que les universités auront la permission d’organiser des compétitions à un niveau qui leur conviendra. Des compétitions qui opposeraient, à moins d’avis contraire, des adversaires situés géographiquement à proximité.

Pour l’entraîneur de l’équipe masculine de hockey des Aigles Bleus, Judes Vallée, l’annulation de la saison d’hiver a beau n’avoir surpris personne, ça n’en demeure pas moins un choc.

«Il est temps que l’année 2020 se termine», s’est exclamé l’entraîneur-chef du Bleu et Or.

À savoir s’il était possible que des parties hors-concours soient organisées entre son équipe et celle des Varsity Reds de UNB après le congé des Fêtes, Vallée ne savait tout simplement pas quoi répondre.

«La nouvelle que tout était annulé vient juste de tomber, alors on va d’abord laisser la poussière retomber un peu avant de se prononcer. Là, honnêtement, nous sommes pas mal les culottes à terre», mentionne-t-il en riant.

Maintenant que la saison est annulée, Vallée ne serait pas surpris que certains de ses joueurs se fassent approcher par des formations de niveau senior. Jusqu’alors, les joueurs du Bleu et Or n’avaient pas la permission d’accepter une offre en raison des bourses d’études dont les joueurs ont droit en jouant avec l’équipe.

«C’est normal que nous ne voulions pas que les gars aillent jouer dans le senior, alors que nous ne savions pas encore si nous allions avoir une saison ou pas. Je n’avais surtout pas envie de voir un gars se blesser alors qu’ils ont des bourses pour jouer ici», révèle le pilote de l’U de M. «Je dois parler aux joueurs en début de soirée et je vais ensuite les rencontrer un par un demain (jeudi)», a souligné Judes Vallée.

L’entraîneur de l’équipe féminine de hockey, Marc-André Côté, déplore lui aussi la fin de la saison.

«Nous allons survivre, dit-il. Et qui sait, peut-être pourrons-nous disputer des parties hors-concours ici et là.»

Pour sa part, l’entraîneur-chef de l’équipe d’athlétisme Steve LeBlanc ne croit pas que des compétitions hors-concours soient possibles.

«Beaucoup d’entre nous supposions déjà c’était impossible d’organiser des compétitions de grande envergure en raison des difficultés reliées aux différents protocoles mis en place pour la COVID-19. C’est dommage, mais c’est la réalité dans laquelle nous vivons actuellement», explique Steve LeBlanc.

L’entraîneuse de la formation féminine de volleyball Monette Boudreau-Carroll s’attendait elle aussi à ce que la saison soit annulée. Cela dit, cette annonce signifie également que la saison prochaine (2021-2022), le Bleu et Or devra composer, outre les recrues, qu’avec des filles qui n’auront qu’une ou deux années d’expérience au niveau universitaire. Il est déjà acquis que les deux seules vétérans du club, Maude Beaudin et Télia Gaudet ne seront pas de retour la saison prochaine.

«Je ne vois pas ça comme une mauvaise nouvelle en soi, dit-elle. Ça veut dire que nous allons pouvoir compter sur le même noyau de joueuses pour quelques saisons. Déjà, malgré la jeunesse du club, nous donnions déjà de bons matchs aux bonnes équipes de la ligue.»

La pandémie complique cependant le recrutement, particulièrement à l’extérieur de la province.

«C’est certain que nous avons une bonne idée des filles qui sont en âge de débuter à l’université, mais c’est plus difficile pour trouver les joueuses d’ailleurs», mentionne Boudreau-Carroll.

«Les filles auront quand même la possibilité de continuer à peaufiner leur jeu dans les prochains mois, poursuit-elle. C’est sûr que nous ne pouvons pas jouer des matchs à l’interne parce que nous sommes en phase orange, mais les filles peuvent s’entraîner. Elles sont d’ailleurs privilégiées de pouvoir le faire, parce qu’il y a plein de jeunes qui n’ont pas cette chance dans les écoles.»

Dans un communiqué envoyé par courriel aux médias en après-midi, le directeur général de SUA Phil Currie a fait savoir que tout avait été fait pour tenter de sauver la saison.

«Nous souhaitions une situation où nous pourrions organiser une forme de saison et de post-saison régulières pour nos athlètes-étudiants cet hiver. Malheureusement, étant donné la réalité actuelle dans beaucoup de nos régions, et compte tenu des directives en évolution de la santé publique, cela ne sera pas possible», a confié Phil Currie.