Lukas Cormier s’attire des éloges

Plus ça va et plus Lukas Cormier devient une source de fierté dans le microcosme du hockey néo-brunswickois. Cinq anciens défenseurs étoiles de la LHJMQ ont accepté de nous confier à quel point ils sont charmés par la fierté de Sainte-Marie-de-Kent.

Limité à une seule passe, mercredi soir, dans un revers de 5 à 3 des Islanders de Charlottetown devant les Mooseheads de Halifax, Lukas Cormier a vu sa moyenne de points par partie passer de 1,65 à 1,56. Quand un match d’un point suffit pour abaisser sa moyenne, c’est dire que les choses vont bien.

La fiche du défenseur gaucher de 18 ans est maintenant de 25 points (9-15) en 16 parties.

Pierre Durepos va jusqu’à dire que ce qu’a accompli Cormier jusqu’ici cette saison «est extraordinairement impressionnant».

«Ça me rend fier de le voir aller, mentionne l’ancien arrière des Sea Dogs de Saint-Jean et des Aigles Bleus de l’Université de Moncton. Dans l’ensemble, tu as chaque saison un ou deux défenseurs qui parviennent à maintenir une moyenne d’environ un point par match. Et ces gars-là sont toujours considérés parmi les meilleurs défenseurs de la ligue. De maintenir une moyenne de 1,65 point par partie, c’est vraiment très impressionnant.»

«Le plus incroyable, c’est qu’il marque également beaucoup de buts. Il faut comprendre que dans le hockey, plus on avance, plus ça ressemble à une pyramide. Chaque fois qu’on change de catégorie, le niveau augmente et les occasions de poursuivre son cheminement sont moindres. Il ne faut pas oublier que le hockey junior majeur est le plus haut niveau de jeu possible pour un jeune de 16 à 18 ans», explique Durepos.

Son ancien coéquipier à Saint-Jean, Kevin Gagné, est aussi ébloui par le rendement du jeune Cormier.

«C’est un bel exemple à suivre pour les jeunes de chez nous. Plus jeune, je regardais Luc Bourdon. C’est toujours motivant de voir un gars de ta cour connaître du succès», révèle le meilleur défenseur de la LHJMQ en 2012-2013, alors qu’il portait les couleurs de l’Océanic de Rimouski.

«De maintenir une moyenne de plus de 1,60 point par partie, ça demande beaucoup de constance. Je suis moi aussi un défenseur avec un petit gabarit et je peux comprendre assez bien ce qu’il vit et par quoi il est passé. Ce qui rend son exploit plus spécial, c’est que le jeu est encore plus défensif aujourd’hui et qu’il se marque donc moins de buts», ajoute Gagné.

James Sanford, qui a connu trois saisons consécutives de plus de 50 points avec les Wildcats de Moncton au début du nouveau millénaire, dit n’avoir vu jouer Cormier qu’une seule fois, mais que ce fut suffisant pour reconnaître le talent du jeune Acadien.

«Il n’avait que 17 ans et tu voyais qu’il était déjà l’un des meilleurs de la ligue. Son sens du hockey est à un autre niveau. C’est très impressionnant ce qu’il est en train de faire. C’est tout un exploit. Nous nous devons d’être fiers comme Néo-Brunswickois de le voir connaître autant de succès. Les Maritimes ont besoin de cette sorte de joueur», confie Sanford, qui s’est recyclé en entraîneur, comme l’adjoint de Sandy McCarthy chez les Tigres de Campbellton.

Jean-Claude Sawyer, qui détient le record pour le plus de points accumulés en une saison par un défenseur du N.-B., soit 77 points, est pour sa part fasciné par le rendement de Cormier.

«C’est déjà rare de voir un attaquant maintenir une telle moyenne de points par match, alors imaginez un défenseur, souligne avec justesse l’ex-vedette des Screaming Eagles du Cap-Breton. Je n’ai jamais vu jouer Lukas, mais j’ai lu un peu sur lui. Je continue de suivre les activités de la ligue.»

Sawyer célèbre d’ailleurs cette semaine sa fameuse séquence de deux matchs au cours de laquelle il avait enregistré 11 points (lire la chronique publiée jeudi matin). Il est donc bien placé pour témoigner de la difficulté à produire soir après soir comme le fait Cormier.

«Je me souviens de ces deux parties comme si c’était hier. Chaque fois que je touchais à la rondelle, il se passait quelque chose. Ce sont de beaux souvenirs. C’est pourquoi c’est si impressionnant de voir aller Lukas. Ça prend un joueur avec beaucoup d’habiletés pour obtenir des points comme ça sur une longue période», ajoute Sawyer qui habite aujourd’hui en banlieue d’Atlanta.

Le mot de la fin revient à Douglas McGrath, qui a été somme toute le premier défenseur acadien à caractère offensif à jouer dans la LHJMQ. En 1982-1983, McGrath a réussi 14 buts et 40 points avec les Cataractes de Shawinigan.

«Lukas est tout simplement incroyable et tout le mérite lui revient. Il est dans une classe à part, c’est sûr», indique l’ancien porte-couleurs des Aigles Bleus.