Wildcats: Lacroix a hâte au retour au jeu

Comme un peu tout le monde, Daniel Lacroix en a assez de la COVID-19 et il trouve difficile de ne pas pouvoir diriger ses joueurs en situation de match. C’est toutefois le plus loin que l’entraîneur-chef des Wildcats de Moncton est prêt à aller dans ses doléances personnelles, parce qu’il sait très bien qu’il y a des histoires bien plus tristes que la sienne.

«Je me sentirais mal dans mes souliers de me plaindre davantage, alors que je connais des gens qui vivent des moments excessivement difficiles depuis le début de la pandémie», lâche-t-il d’un souffle.

«J’ai par exemple des amis entraîneurs qui avaient réussi à se trouver du travail en Europe, mais la COVID-19 a fait échouer leur beau projet, Je ne suis donc pas à plaindre à comparer à d’autres. Je suis au contraire très chanceux», assure-t-il.

«Mon fils (Cédric), lui, s’est fait racheter en décembre son contrat à deux volets (AHL et ECHL) signé en octobre. Heureusement, il a finalement été en mesure de se trouver du travail en janvier avec le Fuel d’Indy dans la Ligue de la Côte-Est», confie-t-il.

L’aspect humain

Depuis le début de la nouvelle année, les Wildcats ont été limités à seulement deux entraînements, avant que la zone 1 ne retourne en phase orange plus tôt cette semaine.

Si les joueurs ont su garder la forme à l’extérieur de la glace avec les moyens du bord, ils ont d’un autre côté pu se concentrer davantage sur leurs études. Ils ont également eu droit à plus activités axées sur l’aspect humain que de coutume.

«Pendant la phase rouge, nous voulions que nos joueurs restent actifs et gardent l’intérêt. Ils ont besoin de variété et d’être mis au défi, alors nous avons tenté d’être le plus créatifs possible. Et pour tout dire, les gars ont vécu de belles choses. Il y a eu de beaux projets dans les dernières semaines», raconte-t-il.

Par exemple, le pilote dit avoir grandement aimé regarder ses joueurs s’évertuer de faire sortir l’artiste qui sommeillait en eux.

«Un jour, nous avons demandé aux gars de nous faire de l’art. Et honnêtement, certains d’entre eux avaient vraiment un talent caché. Mais le meilleur du groupe, c’était de loin Tristan Dejong. Nous avons découvert qu’il était vraiment très bon au dessin. Ç’a été une très belle activité de groupe», mentionne-t-il.

Sinon, Daniel Lacroix dit avoir passé beaucoup de temps à regarder des matchs.

«Je regarde en moyenne deux parties chaque soir, dit-il. J’apprécie beaucoup le jeu de la LNH cette saison. Bien sûr, sans spectateur, je sais très bien qu’il manque quelque chose, mais ça ne me dérange pas vraiment. Je regarde les parties en tant qu’entraîneur. Ça me manque tellement de trouver des solutions en situation de match. Je regarde les systèmes de jeu, l’exécution des joueurs et ainsi de suite.»

«Je me surprends même à mettre l’action sur pause et à reculer l’enregistrement pour mieux voir une séquence. À bien y penser, je travaille», lance-t-il en riant.

Daniel Lacroix, qui a occupé un poste d’entraîneur adjoint avec les Canadiens de Montréal de 2014 à 2018, dit par ailleurs beaucoup aimer ce qu’il voit de son ancienne formation jusqu’ici.

«C’est une belle équipe à regarder et qui est bien équilibrée. C’est plaisant de les regarder aller. L’arrivée des nouveaux joueurs a permis de mettre tous les gars dans leur bonne chaise. Certains d’entre eux ont dû jouer des rôles qui n’auraient pas dû être le leur dans les dernières années», souligne-t-il.

Retour à l’entraînement

Évidemment, il a accueilli avec bonheur le retour sur la glace du Centre Avenir avec ses adjoints et les joueurs.

Il a ainsi pu apprécier le travail des nouveaux venus Maxim Barbashev et Vincent Filion, deux des trois jeunes surdoués autour de qui le directeur des opérations hockey Ritchie Thibeau compte bâtir l’avenir de l’organisation. Le troisième étant Yoan Loshing.

«Il n’est pas question de m’emporter après seulement deux pratiques, mais j’ai trouvé qu’ils se sont bien débrouillés, indique l’entraîneur. Ils ont de belles aptitudes. Tu vois pourquoi ils ont été repêchés. J’aime que Barbashev ne se fie pas seulement à ses habiletés. Il travaille avec acharnement. C’est un vrai travaillant. Et il est également plus costaud que ce que nous pensions quand nous l’avons repêché. Il a déjà l’air d’un homme malgré qu’il vient tout juste d’avoir 17 ans.»

Les Wildcats, comme le Titan d’Acadie-Bathurst et les Sea Dogs de Saint-Jean, attendent maintenant que la Santé publique et la LHJMQ permettent le retour des matchs en sol néo-brunswickois. On ignore toutefois quand la décision sera prise.

«D’ici là, nous tentons de faire les choses comme il faut en respectant les consignes. C’est difficile de dire quand nous allons pouvoir le faire parce que nous n’avons même pas encore de calendrier établi», ajoute Daniel Lacroix.