Kelsey Tessier se plaît en Allemagne malgré la pandémie

Comme un peu tout le monde, le mot pandémie ne faisait pas partie du vocabulaire de Kelsey Tessier avant que la COVID-19 ne vienne changer le quotidien des 7,8 milliards de Terriens au printemps de 2020. Désormais, le Dieppois est un connaisseur. Depuis novembre, l’attaquant du EC Rote Teufel Bad Nauheim a subi 18 tests de dépistage dans la Ligue de Deuxième division en Allemagne.

«C’est devenu une routine, affirme l’ancien joueur étoile des Wildcats de Moncton. Nous passons non seulement régulièrement des tests, mais nous nous faisons également souvent questionner. Dans notre ligue, la moitié des joueurs ont eu la COVID-19. Moi je fais partie des chanceux qui ne l’ont pas eu. J’ai toutefois sept coéquipiers qui l’ont eu et ils sont heureusement corrects aujourd’hui.»

«C’est pris au sérieux ici. Si tu as le moindre symptôme, que ce soit un mal de tête ou encore que tu ne te sens pas bien, tu dois en aviser la direction de l’équipe. Tu dois alors te rendre à l’aréna et rester à bord de ton auto dans le stationnement. C’est le docteur qui vient te voir pour te faire passer ton test, tout habillé en blanc qu’il est des pieds à la tête. Au début, tu te crois dans un film de science-fiction. C’est maintenant devenu la normale», raconte Tessier.

«Nous avons pratiquement toujours notre masque sur le visage. Aussitôt que tu sors du vestiaire, de l’autobus ou de ton auto, tu dois avoir le masque. Nous faisons même l’entraînement d’avant-match avec le masque. Il n’y a pas de niaisage. Il faut dire que ce n’est pas comme le Canada avec ses grands espaces. Ici, tu as une population de près de 86 millions de personnes dans un pays que tu peux traverser de haut en bas en 15 heures en auto. On n’a pas vraiment le choix d’imposer de telles mesures si on veut éviter la propagation», dit-il.

En Allemagne, tous les commerces – ou presque – sont fermés à la suite de mesures de confinement imposées par la chancelière Angela Merkel en décembre. La réouverture des magasins et des restaurants, qui devait se faire le 14 février (dimanche), a été repoussée la semaine dernière jusqu’au 7 mars.

«Il n’y a que les épiceries qui sont ouvertes. Sinon, tout est fermé. Il commence à y avoir de la grogne. Tu sens que les gens en ont assez. Juste dans le grand Francfort-sur-le-Main, il y aurait en moyenne 75 compagnies qui font faillite chaque semaine. Ça ferme partout ici», souligne-t-il.

Malgré tout, Kelsey Tessier ne regrette pas du tout d’avoir quitté son équipe de Västerås, en Suède, où il évoluait en 2019-2020 après trois saisons à Vienne, en Autriche.

«Nous n’avons aucun regret même si tout est ouvert en Suède. Nos deux enfants adorent ça ici et ils ont réussi à se faire de nouveaux amis à leur école. Et je suis également satisfait de ma saison. Notre équipe n’a cependant pas été épargnée par les blessures. À un moment, notre top-3 défensif a été absent pendant plus d’un mois. Nous avons aussi perdu deux attaquants de notre top-6 pendant trois semaines», indique-t-il.

En 28 parties, Tessier montre un dossier de sept buts et 17 passes pour 24 points, bon pour la troisième place parmi les joueurs de Bad Nauheim. On retrouve par ailleurs parmi ses coéquipiers Frédérik Cabana, un ancien attaquant des Mooseheads de Halifax.

Le meilleur pointeur de la ligue est d’ailleurs un certain Zach O’Brien, le dernier joueur à avoir réussi une saison de 50 buts et de 100 points avec le Titan d’Acadie-Bathurst. O’Brien, qui porte les couleurs du EV Landshut, a déjà 48 points (23-25) en 29 duels.

En terminant, Kelsey Tessier a tenu à saluer les habitants du Grand Moncton.

«C’est sûr que ce n’est pas facile cette pandémie, mais le pire est passé selon moi. J’encourage les gens qui ont besoin d’aide de ne pas hésiter à appeler un proche. Il faut se serrer les coudes, rester positif et aider les autres. C’est également important de respecter les règlements. Plus on va respecter les règles, plus vite on va se débarrasser de la COVID-19», rappelle le hockeyeur de 31 ans.