Les Aigles Bleues étoffent encore leurs rangs

Après la signature de la Québécoise Leila Karam au sein du programme de soccer des Aigles Bleues de l’Université de Moncton, plus tôt cette semaine, c’était au tour de l’équipe de hockey d’avoir une grande nouvelle à nous annoncer, jeudi. L’Acadienne Shani Rossignol, qui vient de compléter sa première campagne avec les Buckeyes de l’université Ohio State dans la NCAA, a décidé de revenir à la maison et son choix s’est arrêté sur le Bleu et Or.

À l’autre bout du fil, le ton de voix de l’entraîneur-chef Marc-André Côté trahissait sa joie d’annoncer la venue de la joueuse de centre de Notre-Dame-de-Lourdes.

«C’est une grosse nouvelle pour notre équipe, affirme Côté. La dernière fois qu’on s’était parlé, je t’avais dit que j’aimerais ajouter de l’offensive à l’équipe et voilà que la proposition de Shani m’est tombée du ciel.»

«C’est un beau petit cadeau que nous n’attendions pas. Déjà que c’est important pour nous d’avoir les meilleures joueuses acadiennes dans l’équipe, ça nous fait vraiment plaisir qu’elle ait choisi les Aigles Bleues. Parce que c’est clair qu’il devait y avoir plusieurs autres équipes qui étaient intéressées», révèle Côté.

La jeune femme confirme qu’elle avait d’autres options, tant aux États-Unis qu’au Nouveau-Brunswick.

«Il y avait des universités américaines qui me voulaient et aussi Fredericton. Mais mon choix était fait. Après quatre années à étudier en anglais, le moment était venu de revenir dans la langue française. Je vais continuer mes études en science de la santé parce que mon objectif plus tard est de devenir médecin de famille», confie-t-elle.

Le moins que l’on puisse dire, elle n’a pas beaucoup aimé son expérience avec les Buckeyes. Elle a d’ailleurs été blanchie de la feuille de pointage pendant les 16 matchs où elle était en uniforme.

«Je n’ai pas été bien traitée par l’entraîneure-chef Nadine Muzerall. Elle ne me faisait pratiquement pas jouer et elle me disait souvent des choses pas gentilles. Elle ne m’aimait pas et je ne sais pas pourquoi. Je n’ai pourtant rien fait pour me la mettre à dos. Elle ne m’envoyait que pour une seule présence par match. Le reste du temps, je n’avais même pas le droit de m’asseoir. Je devais rester debout dans le coin. Il y a même un match où elle a attendu qu’il ne reste que 45 secondes avant de m’envoyer sur la glace alors que nous menions pourtant 5 à 1. Elle m’a retiré après une dizaine de secondes», raconte la hockeyeuse de 5 pieds 2 pouces.

Les choses ont dégénéré au point où Muzerall lui a carrément dit qu’elle n’avait plus besoin de ses services.

«J’étais désespérée vers la fin. C’était rendu à un point où je pensais que c’était moi le problème. J’avais beau m’entraîner chaque jour et aller au gymnase, elle ne m’aimait pas. Pourtant, pendant les entraînements, j’étais aussi rapide que les meilleures filles de l’équipe. À un moment donné, elle m’a dit que je jouerais désormais comme défenseur. J’ai dit oui en pensant que ça allait me donner la chance de jouer. L’expérience n’a duré qu’une fin de semaine. À la fin, elle m’interdisait même de m’entraîner avec les autres filles. Elle ne voulait plus de moi», mentionne-t-elle.

Notons que les Buckeyes sont toujours en lice pour remporter le titre national, eux qui affrontent justement les Badgers de l’Université du Wisconsin, jeudi soir, en demi-finale.

Joueuse désirée à Moncton

Avec les Aigles Bleues, les choses devraient être complètement différentes. Même que Marc-André Côté ne cache pas sa hâte de travailler avec une fille qui, dit-il, possède une éthique de travail irréprochable.

«Elle va non seulement nous apporter de la vitesse et une contribution offensive, mais elle joue aussi avec de la hargne», dit-il.

– Une Brendan Gallagher au féminin, lui demande l’auteur de ces lignes?

«(Rires) Repose-moi la question dans quelques mois. Mais la comparaison a du sens», rétorque-t-il.

Mis au courant de l’anecdote sur le petit joueur des Canadiens de Montréal, Rossignol éclate de rire.

«Ça me décrit assez bien. Sur la glace, je suis le genre de fille qui donne tout ce qu’elle a. Je suis comme un maringouin tannant», lance-t-elle en riant.

Sans dévoiler ses plans en détail, Marc-André Côté confirme que Rossignol va évoluer au sein de l’un des deux premiers trios.

«Nous voulons exploiter ses forces. Le plan est de la faire jouer dans un trio offensif et ce sera à elle de saisir l’occasion», indique-t-il.

Marc-André Côté pourrait par ailleurs annoncer deux autres signatures dans les prochaines semaines.

«J’aimerais ajouter au moins une autre attaquante. En fait, ce qu’il me reste à ajouter, ce sont surtout des joueuses de profondeur», ajoute-t-il.