Alexandre Bélanger rêve au PGA Tour

Rares sont les Canadiens qui parviennent à se tailler une place dans l’une des trois principales organisations de golf professionnel en Amérique du Nord, le PGA Tour, le PGA Tour Champions et la LPGA Tour. Rien que cette année, on ne dénombre qu’une quinzaine de joueurs venant du «plus meilleur pays du monde» au sein des trois circuits. C’est vous dire à quel point l’exploit est exceptionnel.

À Edmundston, Alexandre Bélanger, un jeune homme de 22 ans avec le cœur rempli d’espoir, est déterminé à accomplir ce que même Kim Adams et Mathieu Gingras n’ont pas réussi à faire malgré d’impressionnants parcours.

Bélanger croit dur comme fer qu’il parviendra à jouer un jour dans la cour des grands, comme le font actuellement les Ontariens Mike Weir, Stephen Ames, Mackenzie Hughes, Corey Conners, David Hearn, Michael Gligic, Brooke Henderson, Alena Sharp, le Manitobain Nick Taylor, les Albertains Roger Sloan et Jaclyn Lee, ainsi que les Saskatchewanais Adam Hadwin et Graham DeLaet, la Québécoise Anne-Catherine Tanguay et bien entendu la Prince-Édouardienne Lorie Kane.

Mais avant d’en arriver là, il devra passer par les circuits mineurs comme l’ont fait la très grande majorité des joueurs, particulièrement du côté masculin. Après tout, n’est pas Tiger Woods, Rory McIlroy, Phil Mickelson, Sergio Garcia et Jordan Spieth qui veut.

Son objectif est d’abord d’atteindre le Mackenzie Tour – PGA Tour Canada. Et pour ce faire, l’Acadien de 6 pieds 1 pouce et 195 livres va prendre part au dernier des sept tournois de qualification qui sera présenté du 24 au 27 mai au Crowne Isle Golf Resort de Courtenay, en banlieue de Vancouver, en Colombie-Britannique.

«De la façon que ça fonctionne, si je remporte le tournoi je vais obtenir mon laissez-passer pour le MacKenzie Tour – PGA Tour Canada pour tous les tournois de cette année, dit-il. Si je termine dans le top-6, je suis assuré de prendre part à la moitié des tournois et peut-être même plus. Et avec un top-25, je me retrouvais dans la bulle. En fait, je serais dans l’attente d’invitations.»

Ce qu’il faut comprendre c’est qu’il y a de 120 à 150 golfeurs qui participent à l’un des sept tournois de qualification. Ils sont donc plusieurs à cogner à la porte et les récompenses sont les mêmes pour chaque tournoi.

C’est donc pourquoi Alexandre Bélanger a décidé de lancer une campagne de financement afin de l’aider à réaliser son rêve. Via le site web GoFundMe.com, il espère recueillir 12 000$. Depuis son lancement lundi, il a amassé près de 1150$.

«Je sais bien que ça prend un peu d’audace pour demander aux gens de l’aide financière en temps de pandémie en raison de l’incertitude qui plane sur la saison, mais actuellement ça regarde bien pour que nous ayons une saison normale», affirme Bélanger.

«Ce n’est pas donné de participer à ce tournoi. Rien que pour l’inscription, c’est 3000$ et il n’y a même pas de bourses pour les vainqueurs. Comme je projette de me présenter à Vancouver une semaine à l’avance, ça va me coûter au minimum 8000$. Et cela, c’est en me contentant de manger des toasts le matin», image-t-il.

Le golfeur d’Edmundston Alexandre Bélanger rêve de joindre un jour le circuit du PGA Tour.

Belle feuille de route

Ce que propose Bélanger, dans le fond, avec cette campagne de financement, c’est d’investir sur ses chances de percer.

L’idée n’est pas bête quand on connaît un tantinet son parcours. Même s’il a opté de quitter l’Université Alabama State au terme d’une seule saison en raison d’un programme «qui manquait de sérieux», il ne faut pas oublier que pas moins de 65 universités américaines lui couraient après alors qu’il n’avait que 17 ans.

Et pour les possibles investisseurs du Madawaska, il serait bon de rappeler que c’est Bélanger qui détient le record pour la meilleure ronde jamais réalisée au club de golf d’Edmundston. En 2020, il a complété la normale 73 du club en seulement 61 coups. Il battait ainsi l’ancienne marque de 63 qu’il détenait depuis 2018.

«C’est clair que si je vais chercher au moins un top-6 au tournoi de qualification, ça va changer beaucoup de choses dans ma vie, confie-t-il. Premièrement, ça voudra dire que le golf deviendra mon travail à temps plein. Une fois que tu es sur le Mackenzie Tour – PGA Tour, ça t’ouvre bien des portes. Tu peux même recevoir des invitations pour des tournois du PGA Tour.»

«Évidemment, ça ne veut pas dire que je vais y arriver dès cette année. Il n’y a pas que des Canadiens qui tentent d’avoir une place. Pour tout dire, même si ça nomme le Mackenzie Tour – PGA Tour, ce ne sont pratiquement que des Américains qui évoluent dans le circuit.  Et honnêtement, pour cette première tentative, je serais même très satisfait d’un top-25. Il ne faut pas oublier que des gars qui participent aux tournois de qualification sont d’anciens joueurs du PGA Tour qui tentent de retrouver leur place sur le gros circuit. Ce n’est donc pas facile d’obtenir un top-25», explique Alexandre Bélanger, qui a grandi à Saint-Jacques.

«Les Canadiens qui parviennent à percer ont en moyenne de 26 à 32 ans. Je vais avoir 23 ans en avril, ce qui fait que j’ai encore beaucoup de temps devant moi. Il faut être patient. Atteindre le PGA Tour, c’est pas un sprint mais un marathon», ajoute-t-il.

Faire ses classes au East Coast Pro Tour

Avant de se présenter à Vancouver, Alexandre Bélanger prévoit prendre part à un tournoi du East Coast Pro Tour, qui comprend un calendrier de neuf tournois présentés au Québec et en Ontario.

«Je vais probablement participer au tournoi de Toronto qui va avoir lieu les 10 et 11 mai. Ça va donc me faire une petite préparation avant le tournoi de qualification. En attendant, je me croise les doigts pour que nous puissions jouer quelques rondes à Edmundston vers la fin d’avril», indique-t-il…

Bien qu’il ait le statut de circuit professionnel, le East Coast Pro Tour ne rend pas riche. «Une 10e place ne paie même pas les dépenses de ton week-end», souligne Bélanger…

Alexandre Bélanger avoisine en moyenne les 300 verges sur les coups de départ. Sa grande force demeure toutefois ses coups d’approche et son jeu sur les verts…

Outre le Mackenzie Tour – PGA Tour Canada, le PGA Tour cautionne aussi le PGA Tour Series China et le PGA Tour Latinoamérica. Grosso modo, c’est dans ces trois ligues mineures, de même qu’en Europe bien sûr, que le PGA Tour repêche les futures vedettes du prestigieux circuit…