Hockey féminin: Dominique Cormier fréquentera la prestigieuse Princeton

C’est maintenant chose faite, Dominique Cormier va endosser à compter de septembre l’uniforme orange et noir des Tigers de l’Université Princeton. Pour tout dire, la nouvelle était connue d’un peu tout le monde depuis décembre, mais ce n’est que mardi qu’elle a reçu sa lettre d’admission.

En passant, la jeune hockeyeuse de 17 ans ne s’en va pas étudier n’importe où. Oh que non.

Fondée en 1746, l’Université Princeton est au nombre des plus prestigieuses au monde.

Les anciens présidents américains James Madison, Woodrow Wilson et John F. Kennedy sont parmi le gratin qui y ont étudié, de même que 69 lauréats d’un prix Nobel, 15 médaillés Fields et 12 juges de la Cour suprême.

Ajoutez à cette liste les écrivains F. Scott Fitzgerald et Eugene O’Neill, l’acteur Jimmy Stewart, le cinéaste Ethan Coen, l’astronaute Charles Conrad, qui a été le troisième homme à marcher sur la Lune, et l’ancienne première dame Michelle Obama.

Par ailleurs, Albert Einstein, Stephen Hawking, Bob Dylan, Martin Scorsese, Meryl Streep, Ella Fitzgerald, Quincy Jones et Kofi Annan figurent parmi les personnalités qui ont reçu un doctorat honoris causa de l’Université Princeton au fil des ans.

Croyez-le ou non, ça fait déjà trois ans qu’elle est courtisée par l’organisation des Tigers. Elle a justement une anecdote savoureuse à ce sujet.

En 2018, quand Dominique Cormier s’est présentée au Collège de Stanstead – une école privée de langue anglaise du Québec – elle rêvait alors des Aigles Bleues de l’Université de Moncton. En fait, jamais l’Acadienne de Sainte-Marie-de-Kent ne s’était imaginée ailleurs qu’avec le Bleu et Or.

«J’avais encore 14 ans quand je suis arrivée ici. Lors de ma première conversation avec l’entraîneur Bernie Pimm, il m’a demandé: “Veux-tu aller à Princeton?”. J’ai répondu: “Euh… c’est où et c’est quoi ça Princeton?” C’était drôle parce qu’il était déjà convaincu que c’était mon rêve de jouer là-bas», raconte en riant la sympathique sœur cadette de Lukas Cormier, l’excellent espoir des Golden Knights de Vegas.

N’empêche que deux mois plus tard, une fois les 15 bougies soufflées, elle discutera pour la première fois avec l’entraîneure-chef de la célèbre université, Cara Morey.

Trois autres universités reluquaient la jeune athlète. Ce sera finalement la personnalité de Morey, et aussi le fait qu’il y a de la place pour elle dans le top-6 de la brigade défensive, qui la convaincra de se tourner vers les Tigers.

Mais n’allez surtout pas croire que sa place était garantie. À Princeton, un oui à l’équipe de hockey ne veut pas nécessairement dire que tout est coulé dans le bec.

«Ç’a été très dur d’avoir ma place, raconte-t-elle. Il m’a fallu, par exemple, faire quatre rédactions. L’une d’entre elles était à mon choix et j’ai opté de leur expliquer ce qu’était l’Acadie, notre culture et le fait que nous sommes un peuple sans pays. Dans une autre rédaction, je leur ai raconté un projet humanitaire et culturel au Costa Rica auquel j’ai participé en 2016 avant de commencer ma neuvième année. J’ai aussi écrit un texte sur les cours qui m’intéressaient à Princeton et pourquoi.»

Parmi les autres épreuves, elle a été interviewée par un ancien étudiant de Princeton et a dû se taper deux longs tests de plusieurs heures sur les mathématiques et la langue anglaise.

Ses objectifs à court terme

Pour sa première saison avec les Tigers, Dominique Cormier souhaite simplement s’établir comme une joueuse régulière. À plus long terme, elle a évidemment des projets plus importants.

«À maturité, je veux faire partie de la première paire défensive et jouer au sein de l’avantage numérique», dit-elle.

Et comme l’an dernier, elle compte passer l’été à s’entraîner sous la tutelle de Derek Cormier et Rick Légère, deux des têtes pensantes de Pro Evolution Hockey.

«Même si nous n’avons pas joué cet hiver à Stanstead, j’ai quand même pu continuer de m’améliorer. J’ai le sentiment que mon jeu a gagné en maturité et que mes habiletés sont encore meilleures», avance-t-elle.

«Cet été, je vais suivre le programme de Derek et Rick avec mon frère Lukas et plusieurs autres gars. J’aimerais continuer d’améliorer ma vitesse. On me dit que je suis déjà rapide, mais je crois qu’on n’est jamais assez vite», lance-t-elle en riant.

«Et puis, je voudrais aussi améliorer ma prise de décision. Le hockey de la NCAA est un autre niveau et je vais avoir encore moins de temps pour préparer des jeux», ajoute Dominique Cormier.