Katarina Laevski: le soccer, une histoire de famille

Le Bleu et Or, Katarina Laevski en rêvait depuis qu’elle a mis les pieds à la polyvalente Roland-Pépin en 2017. En compagnie de Julia Parker (lire encadré), la jeune athlète de Campbellton a été confirmée mercredi en vue de la prochaine saison de l’équipe de soccer féminin des Aigles Bleues de l’Université de Moncton.

Il est vrai que dans sa famille, le soccer est aussi bien dire une religion.

Son père Alex, bien qu’il ait joué au basketball avec les Tigers de l’Université Dalhousie, a toujours été impliqué dans le soccer depuis sa tendre enfance. Il s’occupe d’ailleurs du programme féminin de soccer de Roland-Pépin en compagnie de Stéphane Carrier.

Cet amour pour le soccer dans la famille s’explique par le fait que le grand-père, le Dr Lefter Laevski, était lui-même un excellent joueur dans ses jeunes années en Macédoine, avant d’émigrer au Canada dans les années 1960. Il est malheureusement décédé le mois dernier.

«Mon grand-père, quand il était jeune, avait l’option d’aller jouer professionnel ou d’étudier pour devenir médecin. Il a finalement choisi la médecine», raconte Katarina, qui conserve de lui de beaux souvenirs.

«J’ai commencé à jouer à l’âge de 4 ans dans la catégorie Timbit, confie-t-elle. Je ne me souviens pas de mes débuts, mais je me rappelle qu’à l’âge de 6 ans j’avais toujours hâte d’aller jouer. Je me souviens aussi qu’après les matchs, on se faisait des passes avec la ballon, mon grand-père, mon père et moi. Ce sont de beaux souvenirs. Mon grand-père, c’est pas mal lui qui a lancé le soccer dans le Restigouche dans les années 1960.»

Si le soccer a toujours été son sport de prédilection, Katarina Laevski a également pratiqué sérieusement le patinage artistique et le hockey. D’ailleurs, elle a fait partie de l’équipe de hockey de son école cet hiver.

«J’étais même l’une des capitaines de l’équipe, mentionne-t-elle. Le hockey, c’est toutefois terminé pour moi. Je vais maintenant me concentrer sur le soccer.»

L’entraîneur-chef des Aigles Bleues, Mehyar Zekaroui, aime bien le potentiel de l’Acadienne de Campbellton qui peut évoluer à deux positions, soit comme milieu de terrain ou encore à l’aile.

«Katarina est une joueuse qui possède de belles qualités athlétiques, affirme-t-il. C’est une bonne athlète qui a un historique dans plusieurs sports. Ça fait trois ans que nous l’avons à l’œil. Ce que j’aime particulièrement chez elle, c’est que c’est une bosseuse. Elle n’arrête pas de travailler.»

«Elle a laissé une bonne impression dans ses années avec le programme provincial et on pense sérieusement qu’elle aura son mot à dire dans les prochaines années avec les Aigles Bleues», ajoute Mehyar Zekaroui.

«Mes objectifs pour ma première saison est de continuer à m’améliorer et de m’acclimater à ce nouveau niveau de jeu. Je vais également tout faire pour convaincre l’entraîneur de me donner le maximum de temps de jeu. À plus long terme, j’aimerais devenir une régulière. Je veux être une joueuse importante qui va éventuellement aider l’équipe à gagner un championnat», révèle l’athlète de 5 pieds 8 pouces.

En bref…

Katarina Laevski est une grande amie de Zachary Lurette, qui évoluera lui aussi avec l’U de M au sein de l’équipe masculine de soccer. Leur amitié n’a rien d’étonnant puisque les deux ont grandi avec des parents fous de foot. Rappelons que le père de Zachary, Jacques Lurette, a lui-même déjà porté les couleurs des Aigles Bleus dans les années 1980…

En raison de la pandémie, Katarina Laevski dit n’avoir disputé que quatre parties de soccer depuis le début de la pandémie. «Comme il n’y a pas eu de soccer l’été dernier, j’ai seulement pu commencer à jouer avec mon école à l’automne. Malheureusement, il y a eu une éclosion de la COVID-19 dans ma région et notre saison s’est arrêtée après seulement quatre parties», indique-t-elle…

À défaut de pouvoir jouer au soccer, Katarina Laevski a passé beaucoup d’heures dans le gymnase au cours de la dernière année. «Le propriétaire du gymnase où je m’entraîne m’a préparé un programme d’entraînement exclusivement pour le soccer. J’ai ainsi pu améliorer mon endurance et ma force musculaire. J’ai particulièrement amélioré la force de mes jambes. Aujourd’hui, je me sens à la fois plus rapide et plus endurante», souligne celle qui va étudier dans le programme d’informatique appliquée…

Julia Parker: la petite qui aime courir

À l’instar de Katarina Laevski, Julia Parker a fait ses débuts dans le soccer dès l’enfance au sein du programme Timbit de Moncton.

La nouvelle ailière du Bleu Or, qui peut également évoluer à l’arrière, se souvient d’ailleurs assez bien de ses débuts. Comme Katarina, Julia vient d’une famille de sportifs puisque sa mère Michelle a joué au hockey sur gazon au niveau universitaire, tandis que son père Kevin est un ancien joueur de baseball et de hockey.

«D’aussi loin que je me souvienne, je courais partout. Un bon jour, ma mère a décidé de m’inscrire dans le soccer. Mes jeunes sœurs ont également joué, mais elles ont depuis arrêté. Emma est aujourd’hui dans la gymnastique et la balle molle, alors qu’Audrey, elle, chante avec les Jeunes chanteurs d’Acadie. C’est une athlète de la voix», affirme Julia avec humour.

À défaut de se distinguer par sa taille, la gauchère de 5 pieds 4 pouces compense par une bonne lecture du jeu et par sa vitesse.

«J’ai toujours été rapide, dit-elle. Plus jeune, j’ai aussi fait de la gymnastique, de la danse et de la natation. Mais le soccer a toujours été mon sport numéro un. J’ai toujours la face rouge avec la sueur qui me coule partout. J’aime ça», lance-t-elle en riant.

«Les Aigles Bleues, j’ai ça en tête depuis longtemps. Pour moi, jouer à la maison a toujours été la bonne option. Acadia m’avait aussi approché, mais je tenais à étudier en français. Et comme j’ai une bonne connexion avec l’équipe de l’U de M, je crois que je suis à la bonne place», explique-t-elle.

«Je connais d’ailleurs déjà plusieurs filles puisque je me présente aux pratiques de l’équipe depuis quelques mois. Je réalise que c’est un bel avantage que Katarina n’a pas parce qu’elle habite trop loin. En m’entraînant avec les Aigles Bleues, ça m’a permis de voir que je peux suivre ces filles et que je peux compétitionner avec elles», poursuit-elle.

Étrangement, Julia Parker dit avoir longtemps douté de ses capacités athlétiques en raison de sa grande timidité. Elle va même jusqu’à dire qu’elle aurait probablement été incapable de parler avec un journaliste il y a à peine deux ans.

«Je manquais vraiment de confiance en moi. J’ai même longtemps refusé de me présenter à des camps pour les équipes provinciales. Mes amies y allaient, mais moi je refusais de le faire. Je regrette aujourd’hui parce que ça m’a fait rater plusieurs belles occasions», complète celle qui envisage de devenir nutritionniste au terme de ses études.

L’entraîneur du Bleu et Or Mehyar Zekaroui signale pour sa part qu’il suit la progression de Julia Parker depuis ses 13 ans.

«Julia se démarque avec sa bonne capacité à exécuter les consignes techniques ou tactiques, dit-il. Elle possède aussi un bon botté du pied gauche en zone offensive.»