Combien d’adolescentes acadiennes peuvent s’enorgueillir d’avoir non seulement rencontré son idole après s’être tapée fin seule un voyage en avion hors du pays, mais que cet événement a aussi été l’élément déclencheur pour la suite de sa destinée. Alexa Melanson fait partie de ces rares filles.

En début de semaine, Alexa est devenue la première gymnaste du club Beauséjour de Moncton à être acceptée dans une université américaine faisant partie de la NCAA. À compter de cet automne, la jeune athlète âgée de 17 ans portera les couleurs de l’équipe de gymnastique des Owls de l’université Southern Connecticut State.

Une réalisation peu commune quand on sait qu’en 50 ans d’histoire, le club Beauséjour n’avait jamais vu l’une des siennes atteindre la NCAA.

Selon Alexa, c’est sa participation à un camp de perfectionnement à 1500 km de la maison qui l’a menée à sa nouvelle destination.

Au printemps de 2019, alors âgée de 15 ans, elle parvient à convaincre ses parents de la laisser partir à l’aventure afin de prendre part au camp d’été de Woodward, qui se trouve en plein bois et au centre de l’État de Pennsylvanie.

Parmi les monitrices se trouve son idole Madison Kocian, l’une des meilleures gymnastes sur la scène mondiale dans la dernière décennie.

Alexa, qui n’avait jusque-là jamais voyagé seule, a évidemment dû jouer les bonnes cartes pour convaincre sa mère Martine et son père Louis d’accepter.

Heureusement pour elle, ses «vieux» sont eux-mêmes d’anciens athlètes de haut niveau. Martine a aussi été gymnaste au club Beauséjour dans ses jeunes années et y a par la suite été entraîneure. Quant à Louis, déjà immortalisé au Temple de la renommée sportive du Nouveau-Brunswick en tant que hockeyeur avec les Aigles Bleus de l’Université de Moncton qui ont remporté le titre canadien en 1990, il a récemment été honoré par PGA Canada qui lui a remis le prix Jack-McLaughlin à titre de leader par excellence de golf junior.

«Nous avons compris que c’était sa passion et que c’était notre rôle de la soutenir», affirme Louis Melanson.

«Ça fait depuis qu’elle est en huitième année qu’elle nous dit qu’elle veut aller étudier aux États-Unis pour faire de la gymnastique dans un bon programme universitaire. Toutes ses amies au club lui disaient qu’elle n’y arriverait pas. Mais ma fille a une tête de cochon. C’est incroyable qu’elle soit la première du club en 50 ans à y arriver. Nous sommes très fiers et contents pour elle», indique le paternel.

«Ce voyage a été un élément déclencheur pour ma nomination au sein d’une équipe de la NCAA, soutient Alexa. Ce voyage m’a donné beaucoup de confiance. J’ai vu que j’étais capable de me débrouiller toute seule.»

Les appels de Byron Knox

Évidemment, en temps de pandémie, le recrutement en sol canadien n’est pas ce qu’il est normalement et Alexa a dû y mettre du sien pour retenir l’attention des universités américaines. Elle a donc envoyé un résumé de sa carrière à plusieurs programmes américains, accompagné d’une vidéo d’elle en action où elle montre ce dont elle est capable de faire.

Le nouvel entraîneur-chef des Owls, Byron Knox, a été le premier à la contacter. Ce Knox n’est pas le dernier venu puisque son CV comprend, entre autres, à titre d’entraîneur-chef des Purple Knights de l’Université Bridgeport, quatre titres nationaux d’entraîneur par excellence (2009, 2010, 2012 et 2013). Il a d’ailleurs mené Bridgeport à six titres nationaux consécutifs en Division II, soit de 2009 à 2014.

«Byron Knox m’a contacté deux fois et nous avons eu de longues conversations. J’imagine qu’il voulait me connaître davantage. Par le genre de questions qu’il me posait, il voulait probablement savoir si j’étais une fille facile à diriger», souligne-t-elle.

«J’étais tellement contente quand il m’a annoncé la bonne nouvelle il y a deux semaines. Mais ce n’est que dimanche que c’est vraiment devenu officiel avec tous les papiers signés», raconte l’élève de l’école L’Odyssée, qui entamera à l’automne des études en sociologie avec l’intention, plus tard, de devenir avocate.

Sa grande force, la poutre

Gymnaste depuis l’âge de 5 ans, Alexa Melanson a amassé une impressionnante collection de médailles et de trophées.

Parmi ses hauts faits, on dénombre trois titres de championne provinciale, un titre de championne de l’Atlantique et une médaille d’or à la poutre aux Championnats canadiens de l’Est canadien.

«La poutre est ma spécialité, mais je suis également assez forte au sol en plus de bien me débrouiller au saut de cheval. Ma faiblesse est les barres asymétriques. Je compte d’ailleurs travailler là-dessus cet été afin d’améliorer ma routine», mentionne-t-elle.

À court terme, la gymnaste de 5 pieds 1 pouce espère avant tout se familiariser avec son nouvel environnement.

«J’ai hâte de travailler avec un nouvel entraîneur et de voyager avec l’équipe. C’est un autre niveau. Je rentre dans les ligues majeures», dit-elle.

«À moyen et long terme, je veux juste obtenir de bons résultats afin d’aider le club à gagner», ajoute Alexa Melanson.

Un avant et un après pour le club Beauséjour

Pour le club de gymnastique Beauséjour de Moncton, qui célèbre cette année ses 50 ans d’opération, l’adhésion d’Alexa Melanson au sein de la NCAA avec les Owls de l’Université de Southern Connecticut State ne pouvait pas mieux tomber. C’est la première fois qu’un ou une gymnaste du club réussit cet exploit.

Tanya McMahon, à la fois entraîneure-chef et directrice de programme artistique du club Beauséjour, ne tarit pas d’éloges à l’endroit de sa jeune protégée.

«Alexa fait partie du volet compétitif de notre club depuis un très jeune âge, révèle cette passionnée de gymnastique. Alexa est le type de gymnaste qui a toujours trouvé sa motivation par des objectifs spécifiques, que ce soit en se qualifiant dans une équipe provinciale, de réaliser un certain pointage dans une routine, ou encore d’apprendre un nouveau mouvement sur un appareil.»

«Elle a une bonne idée des étapes nécessaires pour atteindre ses objectifs et elle possède la détermination et le niveau d’athlétisme qu’il faut pour réussir», poursuit Tanya McMahon.

Selon cette dernière, la principale qualité d’Alexa Melanson comme gymnaste est sa détermination. Elle possède toutefois plusieurs autres aptitudes.

«En plus d’être très déterminée, Alexa est une athlète amusante et positive, avec qui il est toujours facile de travailler. Sa gymnastique est propre et elle a confiance en ses moyens. Elle possède aussi une banque d’habiletés incroyable. Ce sont là des qualités que les juges recherchent en compétition et qui lui ont d’ailleurs permis d’avoir autant de succès pour notre club et pour la province», confie Tanya McMahon.

Quand on lui demande si cette annonce pourrait avoir des conséquences positives pour l’avenir du club, elle répond dans l’affirmative.

«Pour les jeunes gymnastes de notre club, cette annonce renforce l’idée qu’avec beaucoup de travail et de détermination, les objectifs peuvent être atteints. Ce qu’Alexa vient de prouver, c’est que même si tu viens d’une petite province comme le Nouveau-Brunswick, aucun objectif n’est trop grand», soutient Tanya McMahon.

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