On dit que 50 ans c’est le bel âge. C’est avoir accès à la fois à la sagesse, au mieux-être et à la sérénité. C’est là un énoncé qu’endosse entièrement Frantz Jean, le réputé entraîneur des gardiens du Lightning de Tampa Bay.

Cinquantenaire depuis le 6 avril, Frantz Jean dit avoir bel et bien remarqué certains changements dans sa personnalité.

«Je suis moins impulsif dans mes décisions et mes actions, confie-t-il. C’est comme si j’étais plus conscient du contexte ou des angles de chaque situation dans lesquels je me retrouve.»

Il faut dire que ces derniers temps, la vie lui sourit en lui faisant de beaux cadeaux.

Déjà, en septembre, malgré une pandémie qui rendait les choses plus difficiles, le bonheur ne s’est pas privé d’aller cogner à sa porte en lui offrant une première coupe Stanley contre les Stars de Dallas.

À la mi-juin, Frantz Jean a appris qu’il allait recevoir sous peu l’Ordre du mérite de l’Université de Moncton, à l’occasion de la Soirée Ovation prévue en octobre. Et tout récemment, il a ajouté une deuxième coupe Stanley à sa collection, cette fois-ci face à l’équipe qui a bercé son enfance, le Canadien de Montréal.

Le résident de Beaubassin-Est est on ne peut plus heureux.

«L’Ordre du mérite est un honneur dont je suis très fier, affirme-t-il. Particulièrement quand je regarde la liste des lauréats au fil des ans.»

Effectivement, la liste est impressionnante dès le premier coup d’œil. On peut comprendre sa fierté de voir son nom associé à des personnalités comme Louis J. Robichaud, Antonine Maillet, Viola Léger, Réjean Thomas, Michel Bastarache, Édith Butler, Herménégilde Chiasson et Jean Perron, pour ne nommer que ceux-là.

«Je suis très reconnaissant de faire partie de ce groupe. L’Université de Moncton et le programme des Aigles Bleus ont joué un grand rôle dans mon développement personnel et professionnel. J’espère, à travers les médias et les autres sphères que je touche, que je serai en mesure de rendre à l’institution la même valeur en matière de rayonnement», souligne-t-il.

On peut dire sans se tromper qu’il est bien parti pour ça.

D’autant plus qu’à l’instar de l’Ordre du mérite, ce doit être aussi un sentiment incroyable de voir sur le même trophée son nom en compagnie des Maurice Richard, Gordie Howe, Jean Béliveau, Bobby Hull, Bobby Orr, Wayne Gretzky, Mark Messier, Mario Lemieux, Jaromir Jagr, Sidney Crosby et autres légendes de la LNH.

Avec cette deuxième Coupe Stanley d’affilée, cela lui fait désormais sept bagues de championnat (voir tableau), sans oublier deux médailles d’or sur la scène internationale avec le programme des moins de 18 ans. À part le jockey Ron Turcotte, en connaissez-vous beaucoup d’autres des Néo-Brunswickois avec un aussi beau tableau de chasse?

Le Lightning, une dynastie?

Au cours des sept dernières saisons, le Lightning a pris part à 112 matchs éliminatoires. C’est non seulement un sommet, mais c’est 29 parties de mieux que les Capitals de Washington qui occupent la deuxième place à ce chapitre avec 83 duels depuis 2015. Les Penguins de Pittsburgh viennent au troisième échelon avec 80 parties éliminatoires.

Au cours de ces 112 rencontres, on dénombre trois finales en comptant celle de 2015 remportée par les Blackhawks de Chicago. Notons aussi deux finales de conférence perdues face aux éventuels champions de la Coupe Stanley, les Penguins en 2016 et les Capitals en 2018.

Devant un tel bilan, ne faudrait-il pas parler du Lightning comme d’une dynastie dans le hockey d’aujourd’hui?

«Je ne sais pas si c’est le bon terme, mentionne-t-il. Par contre, dans cette ère du cap salarial, nous sommes parmi les bonnes organisations des dernières années avec Pittsburgh, entre autres.»

Selon lui, la majorité des meilleures équipes des dernières années ont en commun d’avoir su bien repêcher et bien développer leurs joueurs. Elles ont aussi comme similitudes d’avoir des employés dévoués dans tous les secteurs de l’entreprise.

«Pour gagner un championnat, une équipe a besoin que tout le monde soit à son meilleur et ça inclut autant les joueurs, que les entraîneurs ou encore le thérapeute et les recruteurs. Si le thérapeute n’est pas à son mieux, les joueurs vont récupérer moins bien et ça va paraître sur la glace. Et si les recruteurs sont moins vigilants en épiant le talent, nous allons immanquablement repêcher moins bien. Il suffit de connaître deux ou trois mauvais repêchages et ça peut juste finir par te faire mal. Gagner, c’est vraiment un travail d’équipe», explique-t-il.

Andrei Vasilevskiy

Évidemment, on ne pouvait s’entretenir avec Frantz Jean sans lui demander de nous parler de son protégé Andrei Vasilevskiy, le gagnant du trophée Conn Smythe remis au joueur le plus utile des séries éliminatoires.

Pendant la finale, Vasilevskiy n’a alloué que huit petits buts en cinq matchs, arrêtant 132 des 140 tirs dirigés vers son filet. Pour l’ensemble des séries, le portier de 26 ans a maintenu une moyenne de buts alloués de 1,90 et un taux d’arrêt de ,937, tout en enregistrant cinq jeux blancs.

Le nom de Jean est régulièrement cité quand vient le temps d’expliquer la domination du Russe devant sa cage.

«C’est sûr que c’est plaisant de recevoir des compliments. Mais le crédit va surtout à Andrei, assure-t-il. C’est non seulement un athlète de haut niveau, mais c’est aussi un être humain exceptionnel.»

«Cela dit, il ne faut pas perdre de vue que la reconnaissance est éphémère. Pour garder l’avantage, tu dois toujours chercher à t’améliorer chaque année. Tu dois trouver une façon d’aller chercher le 5% supplémentaire qui va te permettre de rester au sommet», image-t-il.

Où se voit-il dans 10 ans?

Frantz Jean espère occuper ses fonctions à Tampa Bay pour encore plusieurs années.

«J’aime ce que je fais. C’est sûr que ce n’est pas facile physiquement d’aller quotidiennement sur la glace en plus des voyages, mais je suis en pleine forme. Je crois que je pourrais le faire pendant encore une dizaine d’années», soutient-il.

«Plus tard, j’aimerais bien avoir ma chance dans un poste de direction. Je crois que ce serait captivant de bâtir quelque chose, que ce soit au niveau universitaire, junior majeur ou professionnel. Je suis curieux de voir jusqu’où je pourrais aller dans la construction d’une équipe», lance-t-il.

Oui vraiment, la cinquantaine lui va bien.

Les neuf conquêtes de Frantz Jean 

  • 1995 – Championnat canadien de hockey universitaire avec les Aigles Bleus de l’Université de Moncton.
  • 2006 – Coupe du Président (LHJMQ) avec les Wildcats de Moncton.
  • 2009 – Coupe Hlinka-Gretzky (Mondial M18) avec Équipe Canada.
  • 2010 – Coupe du Président avec les Wildcats de Moncton.
  • 2010 – Coupe Hlinka-Gretzky avec Équipe Canada.
  • 2012 – Coupe Calder (LAH) avec les Admirals de Norfolk.
  • 2012 – Coupe Kelly (ECHL) avec les Everblades de la Floride.
  • 2020 – Coupe Stanley (LNH) avec le Lightning de Tampa Bay.
  • 2021 – Coupe Stanley avec le Lightning de Tampa Bay.

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