Le Titan d’Acadie-Bathurst pourrait-il déménager ailleurs au terme de la saison 2021-2022? Si les amateurs de hockey du Nord-Est n’appuient pas davantage l’équipe dans les prochains mois, la réponse est malheureusement oui. Même que le président du conseil d’administration Serge Thériault confirme que la vente du club, incluant une délocalisation, est une option hautement envisagée par les 11 actionnaires.

Serge Thériault soutient que le groupe qu’il préside veut donner une ultime chance à la population environnante de supporter davantage l’équipe. Grosso modo, les partisans ont le mandat de les convaincre de poursuivre l’aventure à Bathurst.

Et même si le président n’a pas voulu avancer une date officielle, tout laisse croire que l’échéancier a été fixé en décembre.

«Nous sommes rendus au point où nous allons bientôt devoir prendre une décision difficile, affirme-t-il. Nous devons faire face à la réalité et la vente du club avec une délocalisation est une sérieuse option.»

La réalité dont fait mention le président est que le Titan a perdu entre 500 000 et 600 000$ lors de chacune des deux dernières campagnes. Multiplié par deux, on parle ici d’un déficit de près de 1,2 million$ depuis 2019.

«Ça fait huit ans que nous avons acheté l’équipe et nous avons perdu depuis aux environs 2 millions $, dont 1,2 million$ seulement dans les deux dernières saisons», confie Serge Thériault.

«Lors des premières années, les pertes étaient approximativement de 200 000$ par saison. Depuis deux ans, c’est beaucoup plus sérieux. Certes, la COVID-19 n’a pas aidé, mais quand même. Nous ne pouvons pas tenir ad vitam aeternam l’équipe à bout de bras», dit-il.

«Lorsque nous avons acheté le club, l’objectif n’était pas nécessairement de faire de l’argent, mais à tout le moins de ne pas en perdre. C’est loin d’être le cas. Oui nous aimerions garder l’équipe à Bathurst, mais pas à n’importe quel prix. Le simple fait d’envisager de vendre le club ou de le déménager nous fait mal aux actionnaires. Nous sommes d’abord et avant tout des partisans. Notre but en achetant le club était de garder l’équipe ici. Le scénario actuel n’est pas celui que nous avions prévu», mentionne-t-il.

Selon lui, le Titan a besoin de 2500 partisans par match pour faire ses frais. Une telle moyenne n’a pas été vue depuis la saison 2002-2003, saison qui a coïncidé avec le passage de Patrice Bergeron dans l’équipe. Il faut dire qu’il était bien appuyé avec les Bruno Gervais, Janis Sprukts, Jonathan Ferland, Olivier Filion, Adam Russo, Jean-Philippe Côté, Karl Fournier, Michael Tessier et un tout jeune Thomas Beauregard. C’est sans oublier le roi des bagarreurs Jonathan Tremblay qui attirait lui aussi, il faut en convenir, son lot d’admirateurs.

Serge Thériault et ses partenaires financiers ne sont pas sans savoir que l’idée de retrouver une telle moyenne de spectateurs tient presque du miracle.

«En 2017-2018, nous avons tenté de rallumer la flamme des partisans en faisant des grosses transactions qui nous permis de remporter la coupe du Président, puis la coupe Memorial, rappelle-t-il. Ça n’aura finalement fonctionné que le temps des séries éliminatoires de ce printemps-là. Même pendant la saison, nous n’avons pas été en mesure d’avoir une moyenne de 2000 spectateurs», souligne le président. (N.D.L.R. – Pendant les séries de 2018, le Titan a attiré en moyenne 3360 spectateurs lors de ses 10 matchs locaux. Et pour la saison régulière, la moyenne a été de 1903.)

«C’est dommage que les amateurs de hockey ne viennent pas en plus grand nombre parce que l’ambiance est tellement bonne quand il y a plus de 2500 spectateurs. Quand ça arrive, les gens nous disent toujours avoir apprécié leur soirée. C’est même reconnu à travers la ligue que lorsqu’il y a une bonne foule, le Centre régional K.-C.-Irving est un endroit intimidant pour les autres équipes.

Lapierre à la rescousse

Avec la vie «presque» normale qui nous attend le 2 août, le Titan mise sur l’envie de la population de sortir de leur maison pour augmenter son achalandage aux guichets.

L’acquisition d’Hendrix Lapierre, de même que l’affirmation du directeur général Sylvain Couturier comme quoi l’équipe vise le championnat cette année et aussi la saison prochaine, sont d’autres éléments sur lesquels compte l’organisation pour attirer davantage de partisans.

«Nous espérons que les amateurs de hockey auront envie de venir voir du hockey, indique Serge Thériault. Nous avons été cherché le meilleur attaquant disponible en Hendrix Lapierre. Et avec tous les autres bons joueurs que nous avons, dont cinq ou six qui pourraient être repêchés au prochain repêchage de la Ligue nationale, nous allons offrir un excellent produit. Notre club figure aisément dans le top-5 de la ligue, peut-être même dans le top-3. Et comme nous allons jouer dans ce qui sera la meilleure division du circuit, ça veut dire que plusieurs de nos matchs locaux seront intenses comme dans les séries éliminatoires.»

Sinon, ajoutez à tout ça l’embauche d’un nouveau vendeur de publicité et une présence accrue dans les médias sociaux.

Pour l’instant, les résultats tardent malheureusement à venir. C’est même inquiétant.

«Nous aimerions pouvoir vendre de 1500 à 1700 billets de saison, mais nous ne sommes pas là, avoue-t-il. Aux dernières nouvelles, nous ne sommes même pas rendus à 1000.»

Une autre option?

Parmi les autres options envisagées, il y a par ailleurs l’ajout d’un nouveau partenaire financier en provenance de l’extérieur. Dans la situation actuelle, c’est plus facile à dire qu’à faire.

Jusqu’ici, ça n’a mené à rien.

«Nous cherchons quelqu’un qui pourrait apporter de nouvelles idées (en marketing), ou du moins qui pourrait nous permettre d’aller chercher de nouveaux revenus. Le problème, c’est que pour attirer une telle personne qui voudra garder l’équipe à Bathurst, il nous faut d’abord prouver que l’équipe peut être viable dans ce marché», explique Serge Thériault.

Des faits à savoir

– Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la webdiffusion des matchs ne rapporte au Titan que l’équivalent de 100 billets par match en revenus. Notons que la Ligue canadienne de hockey doit partager le montant du contrat avec les 60 formations du circuit.

– Jusqu’en 2003-2004, le Titan figurait parmi les huit équipes qui attiraient le plus de spectateurs dans la LHJMQ. Le Titan a même figuré au cinquième rang de la ligue lors de ses trois premières saisons au Centre régional K.-C.-Irving.

– Le budget d’exploitation du Titan pour une saison est de 1,9 million$. Selon le président Serge Thériault, il s’agit du plus petit budget de la LHJMQ. «Je tiens toutefois à préciser que les joueurs ne sont pas pénalisés dans tout ça. Nous avons même un psychologue sportif. Là où nous faisons des économies, c’est plutôt dans le personnel. Plusieurs occupent plus d’un poste, particulièrement dans la gestion», explique le président.

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