À seulement 18 ans, Danielle Dorris vient de réaliser son rêve. La jeune nageuse de Moncton a lundi remporté une médaille d’argent au 100 mètres dos S7, offrant à l’équipe canadienne de natation un cinquième podium aux Jeux paralympiques.

La para-athlète a rapidement pris l’avance grâce à un solide départ sous l’eau et elle était première au virage en 38,22, tout juste devant l’Américaine Mallory Weggemann (38,84).

Weggermann est revenue de l’arrière dans la dernière longueur pour remporter la course en une 1:21,27. Dorris a signé sa meilleure performance personnelle en 1:21,91, devançant l’Américaine Julia Gaffney, détentrice du record du monde.

«Cela semble très surréaliste», a confié Dorris à la sortie du bassin.

Sa performance est d’autant plus remarquable qu’elle termine à 64 centièmes de seconde de sa concurrente qui signe le record paralympique. La nageuse, membre du Club de natation Bleu et Or de Moncton/Dieppe, avait pris le 15e rang au 100 dos S8 lors des Jeux de Rio en 2016 alors qu’elle n’avait que 13 ans.

«Mon plan était vraiment d’utiliser ma force, qui est vraiment mon départ et la portion sous l’eau, ainsi que dans le virage», explique-t-elle. «Étant la seule nageuse de la course sans handicap aux jambes, j’ai pu l’utiliser à mon avantage. Mon objectif principal était de ne pas me tuer les jambes sur le chemin du retour.»

Née avec une malformation aux deux bras, Danielle Dorris a découvert la nage à l’âge de 12 ans. Elle est aujourd’hui une formidable ambassadrice pour le parasport canadien.

Son père, Jean-Pierre Dorris, s’est levé aux aurores pour suivre en direct l’exploit de sa fille. «C’est la fierté qui domine», s’exclame-t-il, euphorique. «Elle a exécuté son plan à merveille, elle a montré aux autres nageuses ce qu’elle est capable de faire!»

Il s’agit de l’aboutissement d’années d’efforts acharnés.

«Ça représente tellement d’heures, ça veut dire se lever tôt et aller aux pratiques deux fois par jour, ça représente des sacrifices énormes, souligne Jean-Pierre Dorris. Cet été, nous sommes allées voir mes parents au Québec que nous n’avions pas vu depuis janvier 2020, mais Danielle n’a pas pu venir, elle devait s’entraîner…»

La voilà déjà assurée de rentrer de ses deuxièmes Jeux avec au moins une médaille. Dorris avait raté de peu un podium, vendredi dernier, lorsqu’elle a terminé à cinq centièmes de seconde de la troisième position au 200 mètres quatre nages.

Vendredi, à compter de 6h04, elle prendra part au départ d’une troisième épreuve, le 50m papillon, qui se veut sa spécialité. En effet, Dorris a réalisé son record canadien en juillet dernier, avec un chrono de 34,38s. Son papa est persuadé qu’elle a toutes les chances de faire parler à nouveau dans quelques jours, et s’attend à un duel fascinant avec l’Américaine Mallory Weggemann.

«Danielle a de bonnes chances d’obtenir une autre médaille, mais on ne peut pas prédire la couleur», assure-t-il. Dès le réveil mardi, elle devra se consacrer à la récupération et aux derniers réglages. Avec toute sa carrière encore devant elle, Danielle Dorris n’entend pas arrêter en si bon chemin sa chasse aux podiums olympiques.

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