Dans la vie, il y a des gens qui n’ont qu’à dire simplement allo au téléphone pour que nous ayons aussitôt envie de développer avec ceux-ci des liens d’amitié. C’est un don. Et ça, comme on dit, tu l’as ou tu ne l’as pas. Myriam Cormier, la nouvelle capitaine de l’équipe de cross-country des Aigles Bleues de l’Université de Moncton, possède ce don.

Celle qui se targue, avec humour, de mesurer un grand 5 pieds 1 pouce, cultive la bonne humeur comme d’autres des chou-fleurs.

L’entrevue vient à peine de débuter que la coureuse de 23 ans, qui en est déjà à sa quatrième saison avec l’équipe de l’U de M, raconte qu’elle était destinée depuis un sacré bout de temps à porter les couleurs des Aigles Bleues. D’aussi loin qu’elle se souvienne, elle a toujours été envoûtée par les couleurs des équipes sportives du Bleu et Or.

«J’ai développé depuis longtemps une fascination pour leurs couleurs, s’exclame-t-elle. À la maison, comme mes parents (Lucie Michaud et Stéphane Cormier) ont fréquenté eux aussi l’U de M, c’était valorisé d’aller y étudier. Alors depuis que je suis toute jeune, je savais que j’allais aller à mon tour étudier à Moncton et je voulais y pratiquer un sport. C’était quelque chose de naturel pour moi. Je me souviens même que vers l’âge de 8 ans, j’avais les cartes de hockey des filles des Aigles Bleues.»

Évidemment, c’est avec ses épaulettes, ses protège-tibias, son casque, ses patins et tout le patatras qu’elle se voit pour la première fois en rêve avec les couleurs du Bleu et Or. Même si elle se joint aux Acadiennes de la polyvalente Louis-Mailloux dès la neuvième année, Myriam réalise assez rapidement que ses chances de suivre les traces de Marie-Hélène Plourde, Karine Labrie et compagnie étaient nulles.

«J’ai joué pendant mes quatre années à la PLM et j’ai même été l’adjointe de la capitaine à ma dernière saison, confie-t-elle. J’étais utilisée parfois comme ailière, parfois au centre. J’avais un bon coup de patin. Je me débrouillais pas si mal, mais je n’ai jamais été la meilleure. Je savais que ce n’était pas avec le hockey que j’allais porter les couleurs des Aigles Bleues.»

Un nouveau sport

C’est néanmoins à la PLM que Myriam fera la découverte d’un sport qui pourrait la mener vers son objectif. L’occasion est une course de 5 km organisée chaque année à l’école. Lentement mais sûrement, l’idée d’en faire son sport numéro un commence à germer dans sa petite caboche de fille qui n’abandonne jamais.

«J’étais en 10e année et c’était la première fois que je participais à une course. J’ai beaucoup aimé ça. J’ai ensuite fait d’autres épreuves de 5 km, mais aussi de 10 km. En 2015, j’ai décidé de participer à mon premier demi-marathon à l’occasion de l’événement Courir pour lire à Moncton. C’est à partir de là que j’ai vraiment commencé à me dire que je pourrais peut-être faire de la course à l’U de M, et ainsi porter les couleurs du Bleu et Or», raconte-t-elle.

D’ailleurs, comme elle avait eu l’occasion de croiser la route de quelques spécialistes de course à pied pendant l’été lors d’épreuves de 5 km et de 10 km, elle avait été invitée à prendre part au camp d’entraînement de l’équipe de cross-country par Anouk Pelletier, devenue depuis Anouk Doiron, la conjointe de Jean-Marc Doiron, l’entraîneur-chef à l’époque.

«J’ai participé au camp et c’est comme ça que j’ai été choisie, mentionne-t-elle avec de la musique dans la voix. Ç’a vraiment passé vite parce que j’en suis déjà à ma quatrième saison. Et me voilà aujourd’hui capitaine et j’en suis pas mal contente.»

Capitaine du Bleu et Or

N’allez surtout pas croire que cette marchande de bonheur est trop gentille pour être capitaine. Parce qu’en dépit d’un sourire collé en permanence, ou presque, sur le visage, Myriam prend son devoir de leader de l’équipe très au sérieux.

«Mon rôle n’a pas juste rapport à la course. Par exemple, je m’assure de demander aux filles si ça va bien dans leurs études ou à la maison. Je tente d’apporter une aide morale et d’être l’amie de tout le monde. Nous avons beaucoup de plaisir ensemble. Nous nous réunissons d’ailleurs ensemble pour écouter Occupation Double à la télévision. Les gars, eux, ça les chavire de nous voir faire», lance-t-elle en riant.

«Nous consacrons également un entraînement par semaine pour s’habiller selon un thème. Vendredi, nous devons nous présenter à l’entraînement sous les couleurs de l’Acadie. Nous avons développé une belle chimie d’équipe. Ça fait d’ailleurs longtemps que je n’ai pas vu ça ici», indique celle qui ambitionne de devenir travailleuse sociale une fois l’université terminée.

Si l’équipe féminine est en période de transition, alors que Myriam est la seule vétérane du groupe en compagnie de recrues, elle croit cependant que les garçons, avec en tête Jonathan Roy, Alain Lavoie, Jérémie Gervais et Vincent LeClair, pourraient surprendre cet automne.

Pour sa part, elle veut simplement continuer de pratiquer son sport sans se préoccuper plus qu’il ne le faut de son classement. Elle sait par exemple qu’il serait irréaliste pour elle de rêver à une éventuelle participation aux Championnats canadiens.

«Ma plus belle performance en compétition remonte aux Championnats du SUA de 2019 à Fredericton (38e place, chrono de 37min21). Comme je reviens l’année prochaine pour une maîtrise, je projette donc de disputer une cinquième saison. On devrait avoir une bonne équipe en 2022. J’aime beaucoup le potentiel de la jeune Hannah Levyssohn. Elle a du talent et c’est une bonne coéquipière», affirme Myriam, qui souligne par ailleurs avoir découvert la course en sentier cet été.

Troisième chez les femmes au récent ultra-marathon de 50 km de Caraquet, elle a l’intention de participer en juin prochain à l’épreuve de 54 km du Ultra Trail Gaspésia.

«C’est probablement vers les courses en sentier que je vais me diriger quand je vais en avoir terminé avec le cross-country. Ça m’attire pas mal. Je trouve que c’est un beau défi personnel. J’ai commencé à courir dans les sentiers à Caraquet et ça m’a aidé à passer au travers de la pandémie», révèle la fière capitaine du Bleu et Or.

Myriam Cormier et les membres des équipes masculine et féminine de l’U de M seront à Wolfville, samedi, afin de prendre part à la Classique de l’Université Acadia.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle