Désormais âgé de 39 ans, il fallait bien s’attendre à ce que Martin McGraw accroche un jour ses patins. C’est maintenant chose faite. Sentant que le moment était venu de passer le flambeau, le numéro 9 a récemment fait savoir à l’organisation des Alpines de Tracadie qu’il en avait terminé avec le hockey senior.

«C’est fini, prétend le nouveau retraité. Je prends ma retraite. J’y ai pensé tout l’été.»

«Je vais maintenant consacrer mon temps libre à être l’entraîneur de mon plus vieux, Mathis, qui a maintenant 5 ans et qui joue au niveau initiation», mentionne-t-il.

«C’est sûr que ça n’a pas été une décision facile. Même que je crois que j’avais encore un peu de bon hockey en moi. Cependant, l’envie de jouer était moins présente. Aujourd’hui, pour suivre les plus jeunes, tu dois t’entraîner encore plus. J’ai donc décidé de laisser ma place aux plus jeunes. Et avec l’arrivée de Marc-André LeCouffe, qui j’en suis convaincu va être dominant, je pense que les Alpines sont entre bonnes mains», révèle McGraw.

Parmi les autres raisons mentionnées pour expliquer son retrait, il y a aussi la crainte de se faire rattraper par les blessures. C’est souvent ce qui arrive en fin de carrière. Justement, à ce sujet, ses deux épaules ont déjà connu de meilleurs jours et il ne faut pas oublier qu’il a raté la majeure partie des séries éliminatoires de 2018 en raison d’un ligament déchiré à un genou.

Heureusement, il dit avoir été exempté de commotions cérébrales.

«Il faut croire que je suis solide du côté de la tête parce que je me suis fait frapper souvent. Je ne crois pas avoir déjà eu une commotion cérébrale. En tout cas, je n’ai jamais eu de maux de tête», lance-t-il en riant.

Plein de rendez-vous ratés

Malgré tout son succès dans le hockey senior, Martin McGraw dit regretter de ne pas avoir eu le courage de s’exiler pour pratiquer son sport, comme l’ont fait d’autres joueurs de sa génération, dont Dominic Noël, André Mercure et Brett Lutes. Comme eux, il a pourtant dominé le hockey mineur jusqu’au midget AAA.

«J’aurais peut-être eu une meilleure carrière si je n’avais pas eu peur de m’en aller. Avec le recul, au lieu de dire non j’aurais dû dire oui une fois ou deux. Je m’inventais toujours des raisons pour dire non. J’ai par exemple refusé une invitation au camp d’entraînement du Titan d’Acadie-Bathurst. Je ne me suis pas rapporté aux Tigres de Campbellton qui m’avaient pourtant repêché. J’ai également refusé une offre pour aller jouer en Europe. Il y a aussi l’équipe senior de Grand Lake, à Terre-Neuve, qui m’a fait de très belles offres deux années de suite, en plus des Huskys de Paspébiac qui pendant plusieurs années me voulaient. J’ai toujours dit non», raconte McGraw.

«Aujourd’hui, je regrette de ne pas avoir eu le courage de m’en aller. J’aurais aimé jouer dans la LHJMQ. Je me suis souvent fait dire par des gars qui l’ont fait que j’étais de niveau pour y jouer. À cause de toutes les fois où j’ai dit non, je ne saurai jamais jusqu’à quel point j’aurais pu être bon», souligne-t-il.

Un grand des Alpines

C’est tout un pan de mur de son histoire que perd l’équipe de Tracadie avec le retrait de Martin McGraw.

On parle d’un joueur qui a aidé l’organisation à remporter six championnats de ligue en huit finales, ainsi qu’un titre provincial. En fait, son CV comprendrait probablement sept championnats de ligue n’eut été du décès de Marcel Chiasson qui a forcé l’arrêt des activités pendant la finale du printemps de 2003.

Sans risque de se tromper, on peut dire qu’aucun attaquant n’a dominé le hockey senior sur une aussi longue durée que lui dans le nouveau millénaire au Nouveau-Brunswick.

Le hasard a d’ailleurs voulu qu’il fasse ses débuts dans le hockey senior à l’automne de 2000, où à seulement 18 ans il a compilé pas moins de 67 points, dont 25 buts, en seulement 27 parties. Seul Michel Savoie avait fait mieux que lui avec 39 buts et 80 points. Savoie avec qui il partagera le haut du tableau jusqu’en 2010 au sein des Alpines.

«Michel a eu un gros impact au début de ma carrière, affirme McGraw. Michel, c’était un gagnant qui ne se fiait pas seulement à son talent. En plus d’être un excellent joueur offensif, il était aussi très fort en défensive. Ulysse Brideau en est un autre qui a eu un impact important. Ulysse, ç’a toujours été le gars qui savait trouver les bons mots pour me motiver. Combien de fois il m’a dit: ‘’Martin, on peut pas perdre contre eux autres’’.»

«J’ai aussi eu la chance de jouer avec des vétérans comme Robert Landry et Edgar Mallais quand j’ai débuté. Ce sont des gars que j’allais voir jouer quand j’étais plus jeune», poursuit-il.

Bien qu’il soit aujourd’hui pratiquement impossible de comptabiliser parfaitement les statistiques complètes de McGraw dans le hockey senior, on peut à tout le moins révéler celles qui sont disponibles. Ainsi, il totalise l’impressionnant total de 467 buts et 684 passes pour 1151 points en 493 parties. C’est donc dire qu’avec les statistiques manquantes, il a assurément franchi le cap des 500 buts et des 1200 points. Ce n’est pas banal.

Outre les Alpines (Le Stade, Capitaine Frank ou MQM), il a aussi porté les couleurs des Draveurs du Bas-Madawaska et des Cataractes de Grand-Sault dans le Circuit régional de hockey.

La pandémie ayant suspendu les activités de la Ligue de hockey senior Acadie-Chaleur depuis déjà 20 mois, ça veut donc dire que McGraw a disputé son dernier match le 12 mars 2020 à l’aréna du Complexe S.-A.-Dionne. Il s’agissait d’une partie éliminatoire contre les Mooseheads de Chaleur et il avait obtenu une mention d’aide dans un gain de 5 à 3. – RL

Question/Réponse

Acadie Nouvelle: Pourquoi le numéro 9? Pour Maurice Richard?

Martin McGraw: Pour aucune raison en particulier. Quand j’ai commencé dans le hockey, je portais le 7. Puis après j’ai changé pour le 9 et je l’ai toujours gardé depuis. C’est un numéro qui m’a porté chance dès le départ.

AN: Qui a été ton meilleur entraîneur?

MM: Dans le midget AAA, mon entraîneur était Hollis Chamberlain avec les Dragons de la Péninsule acadienne. C’était tout un entraîneur et j’ai énormément appris de lui. (N.D.L.R. – Chamberlain est l’actuel directeur général du Moose du Nord dans la Ligue des moins de 18 ans du N.-B. et de l’Î.-P.-É.)

AN: Un souvenir qui te fait sourire en rapport à tes premières années dans le hockey senior?

MM: Les arénas étaient pleins, ou presque, chaque soir. On jouait toujours devant des foules de plus de 1000 personnes dans le temps.

AN: Qui est selon toi le meilleur joueur de hockey senior contre qui tu as joué?

MM: Sans aucun doute Billy Bezeau. Ce gars-là peut tout faire sur la patinoire.

AN: Qu’est que tu aimerais que les amateurs de hockey senior disent de toi dans 20 ans?

MM: J’aimerais qu’ils se rappellent que j’étais un bon fabricant de jeu et que je donnais un bon spectacle. Ç’a toujours été important pour moi que les partisans aient droit à un bon spectacle.

AN: Malgré tous les buts que tu as compté, tu te vois davantage comme un fabricant de jeu?

MM: C’est vrai que j’ai toujours marqué des buts et je me souviens que tout jeune dans le hockey mineur, je faisais partie des gars qui marquaient beaucoup. Carl Roussel, Adam Savoy, Glen Robichaud et Dominic Noël en étaient d’autres de mon temps qui comptaient beaucoup de buts. Pourtant, je me suis tout le temps vu comme un fabricant de jeu. D’ailleurs, les gars avec qui j’ai développé la meilleure chimie sont Rémi Doucet et Ryan Mockler parce qu’ils me complétaient bien. Moi je préparais les jeux et eux ils marquaient.

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