Avec l’arrivée de la pandémie, le petit monde du karaté Iko Kyokushikai de l’Atlantique – sur lequel règne sensei Johnny LeBlanc – a cessé de tourner. Le confinement et la distanciation physique ont mis une fin abrupte aux combats qui sont centraux à la pratique de la discipline.

Mais le karaté Kyokushin ne comprend pas que le combat. Le volet kata, qui consiste en une série de mouvements précis, a pour but d’unifier l’esprit et le corps. Comme le kata ne nécessite pas d’opposant, il peut se pratiquer seul… et en Zoom.

Sensei LeBlanc dirigeait plus de 150 jeunes karatékas à travers les écoles du Grand Moncton avant que la pandémie ne soit déclarée. Elle a mis une fin abrupte à ses opérations qui l’occupaient six  jours semaines.

Grâce à l’arrivée dans la région d’un expert ukrainien du kata, Eugene Kistanov, les astres se sont alignés pour donner un second souffle à la discipline grâce à ce volet sans contact.

C’est ainsi que les meilleurs athlètes de la région ont été sélectionnés pour participer à une compétition nationale virtuelle, basée à Vancouver.

«J’ai organisé un championnat provincial au printemps. De là, j’ai choisi les deux meilleurs dans chaque catégorie pour représenter l’Atlantique au national.»

«Ils se sont entraînés ensemble trois à quatre fois par semaine pendant un mois. À la fin du mois, il devaient prendre une vidéo de leur routine pour être jugés au championnat. Tous mes athlètes se sont qualifiés dans le top-6 pour la finale, parmi 15 participants (ou environ) par catégorie.»

Les résultats ont été dévoilés trois semaines plus tard. Tous les athlètes de l’Atlantique ont terminé de la 1re à la 5e place.

Jérémie Breau a raflé la première place (homme, ceinture brune) comme Nancy Richards de Shediac (femme, ceinture brune). L’entraîneur kata Eugene Kistanov a pris la deuxième position chez les hommes (ceinture noire), comme ses protégés Zachary Melanson de Grande-Digue (hommes, ceinture jaune) et Nathan Parker, 13 ans, de Riverview (juniors, ceinture brune). Rémi Barrieau a terminé en 3e place (enfants, ceinture jaune).

Selon Jérémie LeBlanc, on n’aurait pas envisagé ce volet deux ans plus tôt si ce n’était des événements entourant la pandémie.

«Comme on ne pouvait pas s’entraîner en groupe, notre sensei (LeBlanc) nous a encouragés à profiter de la situation pour pratiquer le kata. Puis une ceinture noire (Kistanov) s’est jointe à nous. Il est très bon. Il nous a pris en charge pendant deux mois pour nous entraîner en vue de la compétition. J’ai vraiment aimé ça. On a tellement appris de lui.»

«J’ai été vraiment surpris de prendre la première place. C’était toutes des ceintures brunes. Il y avait des adultes dans le groupe», explique Jérémie sur sa performance.

Celui qui pratique le karaté depuis l’âge de 9 ans s’ennuie beaucoup du volet combat du karaté et de l’entraînement intensif que ça nécessite.

«C’est très difficile de faire ça à la maison à partir de Zoom. On a finalement pu reprendre l’entraînement en groupe il y a quatre mois, et depuis trois mois, on peut même faire des combats», se réjouit l’athlète.

Sensei LeBlanc précise que tous ses athlètes sont vaccinés et qu’ils combattent avec leurs masques pour le moment.

Si les entraînements en personne ont repris, les compétitions de combat ne devraient pas reprendre avant l’an prochain.

Maintenant qu’il a 16 ans et que les compétitions de combats pourront bientôt reprendre, Jérémie peut enfin espérer mettre la main sur la ceinture noire, prochaine étape à son développement dans le sport.

«Je devais attendre. J’ai enfin eu 16 ans il y a quelques mois. J’espère que je pourrai essayer l’an prochain. Ça dépend si on peut voyager. Je devrai probablement aller dans l’Ouest pour ça.»

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