Même si un peu tout le monde se doutait déjà du dénouement, la crème du judo a appris une bien mauvaise nouvelle, lundi soir, avec l’annulation des Championnats Élite 2022 en raison de la pandémie qui ne laisse aucun répit à travers le pays.

L’événement, qui devait avoir lieu les 15 et 16 janvier à Edmonton, aurait permis à huit judokas du Nouveau-Brunswick de se mesurer à l’élite du pays dans leur division de poids, tant au niveau senior que chez les moins de 18 ans.

Ils étaient dans l’ordre Blake Cloutier, du club Kimo de Saint-Hilaire, Malcolm Pelletier, du Centre national d’entraînement, Tylor Collin et Mahée Savoie, du club Otoshi de Dieppe, Andrew Blaney, du club de Fredericton, Brandi Lingley, du club Shimpokai de Saint-Jean, ainsi que Nicholas Haslett et Naomi Fowler, du club Tani Koi de Rothesay.

Judo Canada a toutefois laissé entendre que le tournoi pourrait être repris à une date ultérieure, en autant que la situation du COVID-19 s’améliore, qu’on puisse trouver un site adéquat et que l’événement ne perturbe pas une autre compétition déjà planifiée.

Le directeur général du club Otoshi, Denis Collin, n’y croit pas tellement.

«Ç’a déjà été assez compliqué de trouver le premier endroit (Edmonton), alors c’est difficile de croire qu’il (Judo Canada) va réussir. Comme ç’a été le cas pour la Coupe Canada, je crois personnellement que le tournoi Élite va être annulé complètement pour cette année. C’est dommage parce que j’ai cru jusqu’à tout récemment que le tournoi aurait lieu. Mais quand ils ont annulé le Championnat mondial de hockey, j’ai alors su que c’était terminé pour le tournoi de judo», dit-il.

Cette annulation est évidemment un autre coup dur après tant d’autres pour les athlètes du pays. En fait, depuis le début de la pandémie, à part quelques chanceux qui ont pu prendre part à une compétition internationale le mois dernier, les judokas de premier plan n’ont eu que le Québec Open à se mettre sous la dent.

«Les Championnats canadiens doivent avoir lieu du 19 au 22 mai à Montréal, mais si les choses ne s’améliorent pas ils seront eux aussi annulés. Et disons que ça n’augure pas bien», mentionne Denis Collin.

«C’est extrêmement difficile pour les jeunes. Ils s’entraînent à longueur d’année pour prendre part à des compétitions et tout est annulé à tour de rôle. Nous essayons de les garder dans l’instant présent, mais c’est dur de faire en sorte qu’ils restent motivés. Nous faisons ce que nous pouvons», confie-t-il.

Selon Collin, c’est d’autant plus difficile à accepter pour les jeunes que les restrictions sont bien plus permissives dans d’autres pays.

«Les judokas de pays comme le Brésil ou encore la Russie ne vivent pas la même réalité que les nôtres. Dans ces pays, les restrictions sont moins sévères et ils continuent de faire de la compétition. Ceci dit, ce n’est pas à moi de déterminer si le Canada fait bien d’être aussi sévère, ce serait plutôt à un médecin qu’il faudrait demander. Mais nos athlètes acceptent difficilement la situation», révèle le d.g. du club Otoshi.

Depuis le début de la pandémie, le club Otoshi a perdu plus de la moitié de ses membres.

«En mars 2020, nous frisions la centaine de membres, puis nous avons rapidement chuté à 40. Les choses allaient en s’améliorant cet automne avec l’ajout d’une vingtaine de nouveaux membres, mais nous sommes retournés à la case départ et nous en avons aujourd’hui une quarantaine», affirme Denis Collin.

Soulagement pour certains

Josée Daigle ne s’en cache pas, elle dit avoir accueilli avec soulagement l’annulation des Championnats Élite. L’entraîneure-chef du club de judo Kimo de Saint-Hilaire estime que Judo Canada a pris la seule décision qui s’imposait.

«Avec tout ce qui se passe en ce moment, je suis soulagé que le tournoi a été annulé. C’était stressant de ne pas savoir. Je félicite Judo Canada d’avoir pris cette initiative. Les compétitions, nous y retournerons quand ça ira mieux», dit-elle.

Même si elle dit comprendre la déception des athlètes, elle croit que le plus important est d’abord de penser à la sécurité de tous.

«Ce n’était pas le moment d’aller là-bas (Edmonton) pour attraper la COVID et de se retrouver en quarantaine sur place. L’important aujourd’hui est de s’assurer de la sécurité de tout le monde. Et pour moi, la sécurité de mes membres passe en premier. Je ne suis pas sans savoir qu’il y a eu une énorme éclosion de cas dans ma région récemment et c’est pourquoi le club est en pause pour encore une autre semaine. On verra la semaine prochaine si on ne va pas prolonger la pause encore plus longtemps. Je ne veux surtout pas que mes élèves attrapent la COVID en venant s’entraîner. Je vais te dire, j’ai terriblement peur de la COVID», mentionne Josée Daigle.

Un seul judoka du club Kimo était parvenu à se qualifier pour les Championnats Élite, soit Blake Cloutier. Ce dernier, qui est encore d’âge pour compétitionner chez les moins de 16 ans, était inscrit dans la division des -50 kg chez les moins de 18 ans. –

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