Les jeunes joueurs de football du Nord-Ouest devront trouver une autre façon de pratiquer ce sport, étant donné qu’ils n’auront probablement plus l’occasion de le faire aux États-Unis.

Jusqu’à ce que la pandémie vienne mettre un frein aux activités sportives et aux déplacements à la frontière canado-américaine, en 2020, les River Valley Mustangs – qui évoluent dans le comté d’Aroostook, au Maine – accueillaient beaucoup de joueurs en provenance du Canada.

Jusqu’à tout récemment, les Mustangs faisaient partie de la Maine Independent Football League qui autorisait aux joueurs du Nord-Ouest de s’aligner avec la formation.

Cependant, l’équipe a annoncé récemment qu’elle allait plutôt rejoindre le circuit interscolaire de l’État du Maine, ce qui est venu sonner le glas à la participation des joueurs canadiens au sein des Mustangs.

Le tout a été confirmé par la Maine Principal’s Association, organisme qui est, entre autres, responsable des sports interscolaires dans l’État.

L’organisation a expliqué, sur sa page Facebook, que le faible nombre d’équipes dans la MIFL et la chance de jouer avec davantage d’équipes à proximité de leur domicile a fait pencher la balance.

Selon Mike Guay, qui a fait partie du groupe d’entraîneurs de l’équipe et qui œuvre au développement du football au Nord-Ouest, près des deux tiers de la formation américaine étaient composés de joueurs originaires du Canada.

Cependant, après plus de deux ans de pause forcée, l’impact de cette décision des Mustangs n’est pas aussi grand que l’on pourrait le croire. Du moins, chez les jeunes qui ont eu l’occasion de jouer un peu au football au Maine.

«Les jeunes qui auraient pu revenir étaient en 9e année lorsqu’ils ont arrêté de jouer. Les joueurs de 9e et de 10e année, on n’en avait pas beaucoup. Je n’ai pas eu personne à appeler pour les consoler parce que leur parcours de football était terminé.»

Évidemment, pour ceux et celles qui auraient voulu entreprendre ce sport l’automne, cette porte s’est refermée.

Selon M. Guay, cette incertitude entourant la participation des joueurs du Nord-Ouest auprès des Mustangs a ravivé les discussions au sujet de la possibilité d’ajouter le football dans la liste des sports interscolaires dans la région.

Un groupe d’adolescents ont récemment remis cette idée sur la table. Selon Mike Guay, tout cela est cependant plus facile à dire qu’à faire.

«On a organisé une rencontre avec un enseignant de la polyvalente (Cité des jeunes A.-M.-Sormany) et une vingtaine de jeunes. Ils nous ont dit qu’ils aimeraient avoir du football contact. J’ai été réaliste avec eux, dans le sens où tu ne peux pas dire que tu veux une équipe et que tu vas en avoir une à l’automne.»

D’après Mike Guay, la mise en place d’une organisation de football requiert des investissements financiers, une ligue qui voudra accepter l’équipe, un terrain et la contribution d’un bon nombre de gens qui devront pourvoir des postes de joueurs, mais aussi d’entraîneurs.

«Au football, on parle d’un minimum de 1000$ par tête et il te faut de 40 à 50 joueurs dans une équipe pour que ça fonctionne bien (…) Il faut aussi développer une expertise pour qu’une ligue voie l’intérêt de nous accueillir.»

De plus, comme les joueurs évoluant dans le système scolaire au Canada ne peuvent avoir un écart d’âge de plus de 36 mois, il faudrait peut-être même mettre deux équipes sur pied.

«Tu ne peux donc pas faire d’équipes qui regroupent des élèves de la 9e à la 12e année. C’est comme ça que ç’a réduit le bassin de joueurs.»

«Donc, à deux équipes, tu viens doubler pas mal tout. Tout cela dépend de la formule, car il y a des ligues où l’on joue du huit contre huit au lieu du 12 contre 12.»

M. Guay reconnaît que les Mustangs ont, pendant plusieurs années, comblé ce besoin. Maintenant, il croit qu’il est peut-être temps de rebâtir les fondations en sol canadien.

«Si on veut être réaliste, on peut très bien entamer tout ça avec du Flag Football qui ne coûte pratiquement rien et qui permet aux jeunes d’acquérir des connaissances et créer une culture de football. On veut qu’ils bougent et qu’ils s’amusent.»

«C’est aussi un sport qui peut être mixte qui suscite de l’intérêt du côté féminin. Les installations actuelles font amplement l’affaire.»

Mike Guay a bon espoir que le Flag Football effectue un retour cette année, après trois ans d’absence en raison de la COVID-19.

«Il va falloir contacter du monde et faire le suivi avec les étudiants afin de voir s’il est possible de les regrouper et de leur donner cette occasion. C’est quelque chose que l’on pourrait faire au mois de mai.»

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