Serge LeBel, dit Lefty, est un lanceur gaucher qui œuvre toujours au niveau intermédiaire avec les Dodgers de Dalhousie à l’âge de 45 ans. Certains de ses amis aiment d’ailleurs le taquiner en le comparant à Bill Lee, un gaucher qui mystifie toujours les frappeurs malgré ses 75 ans bien sonnés.

Là s’arrête toutefois le jeu des comparaisons.

Spaceman, qui a lancé près d’une quinzaine d’années dans les Majeures, dont les quatre dernières avec les Expos de Montréal, est un colosse de 6 pieds 3 pouces et de plus de 200 livres. Lefty, lui, est un petit bonhomme de 5 pieds 6 pouces qui, dans ses belles années, pesait à peine 120 livres.

«Je pesais 120 livres mouillés», s’exclame-t-il en riant.

C’est en compagnie de son oncle Maurice, alors qu’il avait à peine 5 ou 6 ans, qu’il découvre le baseball en lançant des balles derrière la maison familiale. À la télévision, il se souvient qu’il aimait voir lancer les Jack Morris, Dennis Eckersley, Dave Stieb, Fernando Valenzuela et autres artilleurs étoiles du milieu des années 1980.

Il grimpe ainsi les échelons dans le baseball mineur jusqu’à ce qu’il fasse ses débuts dans le baseball pour adulte à l’âge de 19 ans. Ça veut donc dire que ça fait 27 ans qu’il gravite dans ce sport qu’il aime tant.

«J’ai commencé avec les Dodgers avant d’avoir 20 ans, mais je ne jouais pas tellement parce que l’équipe était vraiment paquetée dans ce temps-là avec les Ricky Williams, Bobby McLeod, John LeBlanc et Serge Gendron, entre autres. J’ai joué quelques parties et c’est tout. C’est vraiment avec les Royals d’Atholville que j’ai eu ma chance. J’y ai joué deux ou trois années avant de revenir pour de bon avec les Dodgers», raconte Serge LeBel.

En compagnie des Todd Parker, Roger Hickey, Luc Roy, Anders Frees, Troy Vincent, ainsi que les vétérans Ricky Williams et Serge Gendron, il a fait partie de l’équipe des Dodgers qui a savouré le championnat provincial de 2005.

«Le tournoi avait été présenté à Grand-Sault et les gars avaient été incroyables au bâton pendant cette fin de semaine. Si je me souviens bien, nous avons frappé près d’une vingtaine de circuits. Ça n’avait juste pas de bon sens. Nous avions tellement un bon club de balle que nous aurions pu nous débrouiller dans la Ligue provinciale senior», confie LeBel.

«J’étais âgé de 30 ans cette année-là et j’étais à mon meilleur. Je me rappelle que j’avais lancé 14 manches pendant les trois journées du championnat. C’est mon plus beau souvenir dans le baseball. Notre victoire au Championnat de l’Atlantique avec l’équipe midget de Dalhousie est un autre beau souvenir. Et je ne vais jamais oublier la première fois que j’ai lancé dans le baseball intermédiaire avec mon fils Brayden qui agissait comme receveur», dit-il.

Lanceur de balles à effet

À 5 pieds 6 pouces et 120 livres, vous avez probablement déjà deviné que Serge LeBel n’a jamais été vu comme un Nolan Ryan ou un Randy Johnson.

«Ma grande qualité comme lanceur n’a jamais été ma balle rapide, révèle-t-il. Elle n’était pas si mal, mais je m’en servais plutôt pour surprendre les frappeurs. J’ai toujours été un lanceur de balles à effet. Je force les frappeurs à frapper au sol ou à faire des chandelles. C’est la défensive qui fait ensuite le travail.»

Il faut croire que ses balles à effet sont difficiles à frapper parce qu’en 2018, alors qu’il était âgé de 41 ans, il a remporté le trophée du lanceur ayant présenté la meilleure moyenne de points mérités dans le Circuit de la Vallée de Miramichi (LBVM).

«J’ai mon trophée ici et ça dit qu’en 28 manches de travail, ma moyenne de points mérités a été de 1,50, lance-t-il avec fierté. Ç’a été une de mes bonnes saisons.»

Serge LeBel ignore quand il cessera d’aller sur la butte pour affronter les Yan Rail, Andrew Carter et autres Brian Dunn de la LBVM. Ce qu’il sait, c’est que ce n’est pas pour demain.

«Tant que je serai en mesure de lancer des prises et que je n’aurai pas l’air ridicule au monticule, je vais continuer. Mais ma priorité, maintenant que je suis l’entraîneur, c’est de donner la chance aux jeunes d’aller sur la butte pour prendre de l’expérience. Désormais, je lance seulement quand mes lanceurs ont besoin d’un repos», indique Serge LeBel.

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