Bien qu’ils soient tous excités d’être à Kailua-Kona, les cinq Néo-Brunswickois qui participeront jeudi aux Mondiaux du Ironman ont le sentiment qu’ils vont vivre la plus longue et la plus éreintante journée de leur carrière de triathlète.

Vincent Légère, Marc Arseneau, Satish Punna, Louis-Philippe McGraw et Rachel Fox devront non seulement composer avec la chaleur, aidée il faut le dire par des champs de lave, des vents et de l’humidité extrême, mais ils devront aussi tenir compte des stations de ravitaillement qui seront coupées de près de la moitié en raison d’un manque de bénévoles. Ça risque d’être surtout ardu pour l’épreuve du marathon. Ajoutez à cela des orages qui menacent cette île de l’État d’Hawaï, jeudi.

«Je m’attends à une journée chaude et humide comme les années passées, affirme le Dieppois Légère. Les trois disciplines vont prendre plus de temps en raison de la chaleur. Je suis également un peu inquiet pour la course à pied avec la réduction des stations d’aide.»

«Nous allons avoir accès à environ 40% moins de stations de ravitaillement parce qu’il y a un manque de bénévoles, prévient Arseneau. Ça va être un facteur majeur.»

«C’est tellement difficile d’avoir des attentes ici, poursuit le vétéran triathlète de Bathurst. Nous sommes à la merci des éléments.»

«La chaleur, les camps de lave, l’humidité et les vents sont tellement intenses. Finalement, c’est comme faire son chemin de croix», mentionne Arseneau en riant.

La seule chose dont Satish Punna, de Moncton, est convaincu, c’est qu’il va tenter de réaliser sa meilleure course, peu importe ce que la journée lui réserve, et de profiter au maximum de cette expérience.

«Je ne sais vraiment pas à quoi m’attendre, dit-il. Les conditions ici sont différentes de tout ce que j’ai vécu. Les 3,8 km de nage doivent être faits sans notre combinaison et ils annoncent de forts vents, en plus de la chaleur et de l’humidité. Ça ne sera donc pas plus facile en vélo et en course. J’ai appris avec le temps que de se forger des attentes avant un Ironman peut s’inciter à prendre des risques et t’amener à commettre des erreurs qui pourraient s’avérer coûteuses.»

Rachel Fox, elle aussi de Moncton, a comme principal objectif d’exécuter une course à la fois intelligente et contrôlée.

«Ce Ironman est reconnu pour être particulièrement brutal avec la chaleur, les vents, les collines, etc. Comme l’a dit mon entraîneur récemment: ‘’Tu vas voir beaucoup de situations horribles au fil du parcours. Ces situations, il est préférable de les regarder que d’en être la victime’’.»

La «recrue» Louis-Philippe McGraw, de Tracadie, n’a pour seul objectif que de briser la barre des 12 heures.

«Ça ne fait que six semaines que j’ai complété le Ironman de Mont-Tremblant qui m’a permis de me qualifier pour les Mondiaux, confie-t-il. Six semaines, c’est très peu pour récupérer adéquatement. Je n’ai donc pas été en mesure de reprendre et compléter un gros volume d’entraînement.»

«Dans ces circonstances, mes attentes sont peu élevées. Je veux surtout profiter du moment présent et doser mes efforts de façon conservatrice. Après tout, je n’ai aucune expérience avec la chaleur élevée et le vent qui sont deux facteurs qui font du Ironman de Kailua-Kona une course mythique. Je serai très content de terminer sous les 12 heures», ajoute McGraw.

En bref… Peter Reid (1998, 2000, 2003), chez les hommes, Lori Bowden (1999, 2003) et Heather Fuhr (1997) sont les seuls Canadiens à avoir remporté les Mondiaux du Ironman qui sont présentés depuis 1990 à Kailua-Kona… Annulés en 2020 en raison de la pandémie, les Mondiaux du Ironman 2021 ont été exceptionnellement présentés à St. George, dans l’État de l’Utah, en mai, toujours en raison de la pandémie…

Le triathlon se porte très bien au N.-B.

Avec Kamylle Frenette qui brille à travers le monde et qui ambitionne de devenir sous peu une double paralympienne, en plus de nos cinq participants aux Mondiaux du Ironman à Kailua-Kona, le triathlon connaît sans doute ses meilleurs jours au Nouveau-Brunswick.

Vincent Légère, qui tentera de compléter jeudi son quatrième Ironman aux Championnats mondiaux, ne cache pas sa joie de partager l’expérience avec quatre autres triathlètes de la province, dont trois (Rachel Fox, Satish Punna et Louis-Philippe McGraw) qui en seront à leurs première présence à Kailua-Kona.

«Je suis tellement fier de pouvoir vivre leur rêve avec eux, dit-il. Avec Kamylle qui nous représente si bien et qui se prépare pour les Paralympiques de Paris en 2024, le Nouveau-Brunswick est vraiment bien représenté dans le triathlon. À la piscine de Dieppe, la plupart des personnes qui y vont sont des triathlètes. Notre sport est entre bonnes mains.»

L’autre vétéran, Marc Arseneau, se dit tout aussi excité d’une si belle représentation aux Mondiaux.

«Ça va peut-être inspirer des jeunes à commencer le triathlon, confie-t-il. Avec Kamylle qui s’illustre sur la scène mondiale et la présence de plusieurs athlètes des quatre coins de la province dans des compétitions internationales, ça peut juste être positif pour notre sport.»

Rachel Fox, qui effectue un retour à la compétition après une longue pause de 15 ans, n’en revient pas de la progression du triathlon au Nouveau-Brunswick.

«J’espère que d’avoir plus de triathlètes aux Mondiaux va permettre à notre sport de s’élever encore davantage et d’en inspirer d’autres à se fixer l’objectif de venir ici à leur tour dans les prochaines années. Quand je regarde nos programmes junior et jeunesse qui ne cessent de grandir, j’ose croire que ces jeunes vont nous aider à poursuivre le développement du triathlon dans la province», révèle Fox.

«C’est incroyable que nous soyons aussi nombreux ici cette année, souligne pour sa part Satish Punna. Nous avons une petite mais dévouée communauté de triathlètes endurants à la maison et nous nous supportons tous l’un et l’autre. Je m’inspire d’eux et j’espère d’en inspirer d’autres à suivre mes traces.»

«C’est certainement inspirant que nous soyons cinq ici, soutient quant à lui Louis-Philippe McGraw. C’est sûrement une première et je suis convaincu que plusieurs de nos amis triathlètes vont bénéficier de nos expériences, conseils et petits trucs pour s’améliorer et se qualifier à leur tour l’an prochain. Je crois que nous allons définitivement créer une tendance au sein de la communauté néo-brunswickoise de triathlètes.»

Le mot de la fin appartient à Kamylle Frenette qui a tenu à encourager nos cinq triathlètes aux Mondiaux.

«J’aimerais souhaiter un bon succès à nos super athlètes néo-brunswickois aux Championnats du monde d’Ironman à Kailua-Kona. Prenez le temps d’apprécier chaque petit moment de cette expérience. Vous êtes une inspiration pour votre communauté. Nous allons vous suivre de près», a confié la paralympienne.

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