La Coupe du monde est lancée! Comme la grande fête du ballon rond ne soulève pas autant les passions dans le royaume de la rondelle noire, nous avons voulu nous baigner dans l’ambiance avec des étudiants étrangers.

À leur troisième participation à la Coupe du monde, les Lions du Sénégal ne sont ni des habitués ni les favoris dans le grand tournoi qui se déroule depuis dimanche au Qatar.

Pourtant, ce n’est rien pour tempérer les ardeurs de leurs partisans. Le 63, restaurant du Centre étudiant de l’Université de Moncton, est très achalandé ce lundi midi. Étudiants et professeurs se cherchent une place pour avaler leur repas dans une salle largement occupée par des partisans de soccer qui attendent patiemment le début du match qui oppose le Sénégal aux Pays-Bas.

Au plus près du grand écran, une vingtaine d’étudiants sénégalais sont aux premières loges. En plus du maillot des Lions de la Teranga que plusieurs arborent, on reconnaît rapidement les ressortissants sénégalais lors des cérémonies d’avant-match, quand ils sautent sur leurs pieds pour entonner en chœur l’hymne national.

Entre les «Ohhh!» de tirs mal cadrés et les «Ahhh!» sur les beaux jeux défensifs, l’espoir reste dans l’air jusqu’à la mi-temps, alors que les Lions (le surnom de l’équipe du Sénégal) tiennent toujours tête aux Néerlandais 0 à 0 dans une prestation très respectable.

On profite de la pause pour s’immiscer dans le groupe.

Bassirou Sow de Dakar, ou «Bass» pour les intimes, avoue avoir sauté un cours pour assister à la rencontre. L’étudiant de deuxième année en biologie fait valoir que c’est une occasion exceptionnelle.

Pape Diop (à gauche) et Bassirou Sow, dans leurs maillots des Lions de la Teranga – lors de la mi-temps du match Sénégal – Pays-Bas au resto le 63 du Centre étudiant de l’Université de Moncton, le lundi 21 novembre 2022. – Acadie Nouvelle: Denis Savard

«C’est la compétition la plus prestigieuse au monde. Nous sommes très contents de participer à cette Coupe du monde. C’est tout un honneur. Alors nous sommes là aujourd’hui pour les soutenir.»

«Nous sommes plusieurs à avoir manqué des cours, mais nous sentons que c’est un devoir d’être là.»

Pour Bass, il n’y a aucun doute que les Lions se rendront jusqu’au bout. «On a confiance qu’on ira jusqu’en finale», explique-t-il.

Son voisin de table, Pape Diop, aussi de Dakar, souligne aussi la rareté de l’événement.

«C’est très important pour nous. Ce n’est que notre troisième participation depuis la création du tournoi. On ne sait pas quand on va se qualifier à nouveau.»

«Nous avons confiance de nous qualifier (pour le prochain tour). Nous sommes champions d’Afrique, donc ça nous donne du poids. On n’a pas le choix, il faut aller loin», illustre Pape Diop.

Même en l’absence de Sadio Mané – l’avant-centre du Bayern Munich nommé meilleur footballeur africain (2022) et 2e au titre du ballon d’or 2022 –, l’étudiant d’informatique de 2e année croit que les Lions ont assez de profondeur pour continuer.

«Mané est un pilier de l’équipe, mais ce n’est pas le seul joueur. Il y a 11 joueurs sur le terrain et on a confiance qu’ils vont nous qualifier.»

«La dernière fois, nous avons atteint les huitièmes de finale, alors notre premier but c’est de nous rendre au tour suivant. Ensuite, on va espérer la finale, “Inch Allah!” (Si Dieu le veut)», conclut Diop.

«Le Sénégal, c’est un pays de sports, rappelle Mamadou Phorpe de Kaolack sur le Saloum. On est content de pouvoir venir à cet endroit pour soutenir notre équipe. C’est bien d’avoir notre pays parmi les cinq nations africaines qui représentent le continent.»

Mamadou Phorpe, lors de la mi-temps du match Sénégal – Pays-Bas au resto le 63 du Centre étudiant de l’Université de Moncton. – Acadie Nouvelle: Denis Savard

Que pense l’étudiant de 2e année en chimie de la perte de Sadio Mané?

«C’est un très grand joueur. C’est une grande perte pour le Sénégal comme pour l’Afrique.»

«L’équipe du Sénégal a toujours misé sur le collectif, avec son entraîneur Aliou Cissé. Même avec l’absence de Mané, je crois que nous allons faire une belle participation, un beau Mondial. De quoi rendre fiers l’Afrique et tout le Sénégal.»

À la reprise du jeu, c’est encore un jeu partagé où se succèdent à nouveau les «Ohh!» et les «Ahh!» au 63 alors que l’impasse perdure sur le terrain.

Les ardeurs sont tempérées quand l’«Oranje» déjoue la défensive des Lions une première fois à la 84e minute avec un coup de tête, avant d’en remettre à la 8e minute de temps ajouté. Il n’en faut pas plus pour que les partisans, qui enfilent leurs manteaux, défilent vers la sortie avant le sifflet final imminent.

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