Plus jeune, Roberto Luongo collectionnait les cartes de hockey comme plusieurs l’ont fait (ou le font encore). Ses préférées étaient celles où on voyait un gardien effectuer un arrêt. Pas étonnant que sur les centaines de cartes le mettant en vedette actuellement sur le marché, ce sont celles où on le voit en plein action qu’il affectionne le plus.

À l’autre bout du fil, un peu moins de trois semaines après avoir été intronisé au Temple de la renommée du hockey, Roberto Luongo s’habitue peu à peu à son statut d’immortel.

Pendant les quatre jours passés à Toronto avec sa famille et ses amis proches, il dit s’être bien amusé à raconter ses exploits et à fouiller dans sa banque de souvenirs. D’autant plus que deux de ses grands potes, Daniel et Henrik Sedin, étaient intronisés en même temps que lui.

Cette fois-ci, et il semble apprécier l’approche, l’exercice consiste à répondre à des questions sortant du champ gauche. Les cartes de hockey en sont une.

«J’ai collectionné les cartes quand j’étais plus jeune. J’en ai encore plusieurs à la maison de mes parents. J’aimais particulièrement les cartes où un gardien faisait un arrêt», confie-t-il.

Il se souvient, entre autres, de certaines cartes de Grant Fuhr.

«Le plus loin que je me rappelle, Grant Fuhr a été ma première idole. C’est même à cause de lui que je suis devenu gardien. Ses arrêts avec la mitaine m’ont donné le goût de faire ça à mon tour», révèle-t-il.

«Plus tard, Patrick Roy est devenu important par sa façon de garder les buts. En fait, c’est surtout François Allaire, celui qui était derrière le style de Roy, qui est devenu important parce que j’ai eu la chance de recevoir ses enseignements. Ensuite, j’ai beaucoup aimé Martin Brodeur. Savais-tu que j’ai grandi à quelques maisons de celle des Brodeur à Saint-Léonard? Martin était déjà parti de la maison quand j’ai été en âge de comprendre, mais aujourd’hui je réalise à quel point ça doit être rare d’avoir deux gars du même quartier au Temple de la renommée du hockey. C’est fou quand on y pense», raconte-t-il.

Équipe d’étoiles

Il est ensuite invité à nous dresser les trois attaquants et les deux défenseurs qu’il aimerait avoir devant lui pour une ultime présence sur la patinoire, parmi tous les joueurs qui ont été ses coéquipiers au sein de ses trois formations dans le circuit, soit les Islanders de New York, les Panthers de la Floride et les Canucks de Vancouver.

«Ah ça c’est la première fois qu’on me pose cette question, lance-t-il. C’est pas facile, il y en a eu des bons. Mmmm… à l’attaque, les frères Sedin (Daniel et Henrik) sont là, c’est certain. Et l’autre, c’est…»

Un silence se fait alors entendre. Il hésite à compléter son trio d’étoiles. À sa défense, il est vrai que les candidats de luxe ne manquent pas. On a qu’à penser à Aleksander Barkov, Jaromir Jagr, Ryan Kesler, Markus Naslund, Pavol Demitra, Olli Jokinen, Joe Nieuwendyk, pour ne nommer que ceux-ci.

«Je crois que je vais y aller avec (Jonathan) Huberdeau», finit-il par se décider.

– Ah oui? Et Pavel Bure lui?, demande l’auteur de ces lignes.

«Ah oui, c’est vrai, il y a Pavel! J’ai pas le choix, c’est lui qui sera avec les deux Sedin. Huberdeau sera le réserviste du trio», mentionne-t-il en riant.

«Pour les défenseurs, c’est sûr que je prends Zdeno Chara, avec qui j’ai joué lors de ma première saison avec les Islanders. Il était déjà très bon», poursuit-il.

– Jay Bouwmeester serait-il l’autre?, que l’auteur de ces lignes suggère.

«Non, Bouwmeester n’était pas encore dans ses belles années. Je crois que je vais y aller avec Alexander Edler. Il a été solide pendant plusieurs saisons à Vancouver», note-t-il.

Sandis Ozolinsh, Mattias Ohlund, Sami Salo, Kevin Bieska, Keith Yandle et Aaron Ekblad auraient également pu être de très bons candidats.

Vous pouvez par ailleurs parier que Luongo s’arrangerait pour qu’Alexandre Burrows soit dans les parages.

«C’est le joueur dont je m’ennuie le plus, affirme-t-il. Alex est l’un de mes meilleurs amis. Il a été mon voisin de casier pendant huit ans à Vancouver. Nous avons beaucoup ri ensemble.»

Parlant d’étoiles, la conversation dévie sur les deux grands disparus de la dernière année, Guy Lafleur et Mike Bossy.

S’il n’a fait que croiser et saluer le ‘’Démon Blond’’ et le ‘’Boss’’ à quelques reprises au fil des ans, il a toutefois davantage de souvenirs concernant l’ancien numéro 22 des Islanders.

«Je me souviens plus ou moins de Guy Lafleur comme joueur. Je me rappelle plus de Mike Bossy parce que j’étais un grand partisan des Islanders. Et ça depuis bien avant que l’équipe me repêche en 1998. Plus jeune, mes deux équipes préférées étaient les Oilers et les Islanders. J’adorais les uniformes de ces deux clubs», indique-t-il.

Fier d’avoir duré

De quoi Roberto Luongo est-il le plus fier?

De sa persévérance.

Selon lui, c’est aussi important que ses records, ses deux médailles d’or olympiques, ses 1044 matchs de saison régulière dans la LNH, ses deux coupes du Président, ses trois chandails retirés (Foreurs, Titan, Panthers), ses multiples trophées, ou encore son intronisation au Temple de la renommée.

«Je suis très fier d’avoir été aussi persévérant, dit-il. Je suis fier d’avoir pu jouer à un tel niveau aussi longtemps. J’ai travaillé fort pour y arriver. Chaque été, j’ai travaillé à m’améliorer. Disons que je n’ai pas eu beaucoup de vacances comme joueur. Pendant que plusieurs se reposaient, moi je travaillais. Je me suis complètement dédié à mon métier.»

«C’est d’ailleurs quelque chose dont j’ai fait mention dans mon discours de remerciement quand j’ai été intronisé. Je tenais à souligner ça en plus de mes grands moments et des gens qui m’ont aidé.»

Y a-t-il des moments de son passage à Bathurst, en 1999, dont il se souvient encore aujourd’hui?

«Il m’arrive de temps en temps de penser au Titan. J’en garde de bons souvenirs. C’est juste dommage que nous n’ayons pas gagné la coupe Memorial. Nous avions tellement une bonne équipe. Je me rappelle des gens qui dormaient dehors pendant les séries pour avoir des billets. Je me souviens aussi d’avoir connu une incroyable deuxième moitié de saison. Je me rappelle encore très bien du premier match de la série demi-finale contre Québec. Ça demeure l’un de mes meilleurs matchs à vie», confie-t-il.

Évidemment, il conserve aussi un bon souvenir de ses 72 arrêts dans un gain de 5 à 4 face aux Stars de Dallas, en 138 minutes et 6 secondes de jeu, le 11 avril 2007.

Outre Luongo et les frères Sedin, notons que Daniel Alfredsson, Rikiki Sallinen et Herb Carnegie ont également été intronisés.

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