Trente-et-un ans après que Scott Pellerin ait remporté le Hobey-Baker et 24 années après que Michel Larocque ait figuré parmi les 10 finalistes, voilà qu’un troisième Néo-Brunswickois se retrouve dans la course pour le prestigieux trophée couronnant le joueur par excellence de la NCAA. Il s’agit d’Ethan Pearson, un gardien âgé de seulement 20 ans qui s’aligne avec les Tigers de l’Université Princeton.

Pearson, qui fut un temps un espoir du Phoenix de Sherbrooke après avoir été sélectionné en huitième ronde lors de l’encan de 2018, fait partie d’une liste de 80 candidats qui courent la chance de figurer dans le top-10 annuel.

Si c’est plus fréquent au niveau des attaquants et des défenseurs, rares sont les gardiens aussi jeunes qui parviennent à figurer dans la liste préliminaire de finalistes.

Pearson, dont le grand-père Gilles Marotte a connu une brillante carrière de 12 saisons dans la LNH, est évidemment fier de sa nomination.

«Je suis content de ma progression, affirme le hockeyeur acadien. Je me sens de plus en plus confortable avec le niveau de jeu. La saison dernière, je n’ai été utilisé que pendant trois parties et j’ai fait face à de grosses équipes qui me sont rentrées dedans. Il faut dire que nous n’avions pas vraiment une bonne équipe.»

«Au début de cette saison, nous ne savions même pas qui allait être le gardien numéro 1. J’ai finalement eu ma chance contre Cornell. Je dirais que c’est là que j’ai convaincu l’entraîneur de me donner le titre de numéro 1», confie le numéro 31 des Tigers.

«Nous avons perdu 3 à 1, mais je n’ai accordé que deux buts sur 36 lancers avant qu’ils ne complètent la marque dans un filet désert. Les deux parties suivantes, j’ai obtenu deux jeux blancs de suite contre Yale et Brown. Ça m’a donné beaucoup de confiance. Depuis, je fais tout mon possible pour que l’entraîneur-chef (Ron Fogarty) n’ait pas le choix de me garder devant le filet», souligne le natif de Fredericton.

En 18 matchs, la fiche du portier de 6 pieds 2 pouces et 185 livres est de 10 victoires et 8 revers. Il présente une moyenne de buts alloués de 2,51 et un taux d’arrêts de ,912. Il totalise de plus quatre blanchissages, bons pour le deuxième rang de toute la NCAA au complet.

Ses statistiques commencent d’ailleurs à intéresser les équipes de la LNH qui s’informent de plus en plus souvent auprès de son agent Allain Roy.

«Il y a beaucoup plus d’intérêt à mon endroit depuis quelques semaines. Il y a au moins trois clubs qui ont approché Allain. Comme je suis probablement trop âgé pour être repêché, mon but est d’obtenir une invitation à un camp de développement cet été. Il n’y a encore rien de confirmé, mais disons que ça s’en va dans la bonne direction», dit-il.

Monsieur et Madame tout le monde peuvent voter pour le candidat de leur choix en se rendant sur le site web du prestigieux prix (hobeybaker.com/2023). Vous pouvez d’ailleurs voter une fois par jour jusqu’au dimanche 5 mars.

La liste des 80 finalistes sera alors réduite à 10 joueurs qui seront connus le 15 mars. De ce groupe, trois joueurs auront l’occasion de figurer dans le top-3 final le 30 mars, avant le dévoilement du gagnant qui aura lieu le 7 avril.

En bref… Scott Pellerin, qui est originaire de Shediac, portait les couleurs des Black Bears de l’Université du Maine quand il a remporté le Hobey-Baker en 1992. Il avait terminé sa dernière saison universitaire avec une récolte de 32 buts et 57 points en 37 rencontres. Pellerin a joué pendant 11 saisons dans la LNH avec les Devils du New Jersey, les Blues de St. Louis (deux fois), le Wild du Minnesota, les Hurricanes de la Caroline, les Bruins de Boston, les Stars de Dallas et les Coyotes de Phoenix. Il a amassé 198 points (72-126) en 536 rencontres… En 1999, Michel Larocque évoluait pour les Terriers de l’Université de Boston quand il est parvenu à se glisser parmi les 10 finalistes. Cette saison-là, Larocque avait présenté une moyenne de buts alloués de 3,39 et un taux d’arrêts de ,894. Notons que le Dieppois a disputé trois matchs avec les Blackhawks de Chicago en 2000-2001. Ce fut là sa seule expérience en carrière dans la LNH…

«Mon travail rapporte enfin ses fruits»

Jusqu’à ce que Matt Plante, l’entraîneur-chef des Saints de l’Académie Mount St. Charles, ne le convainc pendant l’été 2019 de se joindre à cette école de Woonsocket, dans l’État du Rhode Island, Ethan Pearson conservait encore l’espoir de percer un jour l’alignement du Phoenix de Sherbrooke.

À l’instar de ses bons amis Nicolas Savoie, Josh Lawrence, Cole Huckins et Evan Nause, Ethan Pearson caressait le rêve d’évoluer dans la LHJMQ.

«Je n’étais pas encore certain de ce que je voulais vraiment, mais la LHJMQ était bel et un bien une option sérieuse, mentionne Pearson. Finalement, l’entraîneur de Mount St. Charles a su me mettre dans la tête que ma meilleure option était la NCAA. Aujourd’hui, je peux te dire que je suis très heureux de ma décision.»

Lors de sa seule campagne avec les Saints, Pearson a été tout simplement fumant en présentant une moyenne de buts alloués de 1,55 et un taux d’arrêts de ,926. Il a remporté 24 de ses 34 décisions.

«J’ai travaillé fort pour me rendre où je suis, note-t-il. Mon travail rapporte enfin ses fruits. Chaque niveau de jeu dans lequel j’ai évolué m’a apporté davantage d’expérience.»

«Aujourd’hui, je dirais que ma plus grande force est ma lecture du jeu. Je ne suis ni le plus grand ni le plus rapide, mais j’anticipe bien le jeu devant moi. J’ai aussi appris à devenir plus calme devant mon filet, en plus de mon positionnement qui est de mieux en mieux. Et comme ma technique est meilleure, ça fait en sorte que je contrôle mieux les rebonds», explique l’athlète de 20 ans.

À Princeton, Ethan Pearson envisage d’obtenir une majeure en psychologie au terme de sa carrière universitaire en 2025. Un beau plan B.

«Non, je n’ai pas vraiment de plan B. Je veux juste demeurer dans le hockey», lance-t-il en riant.

– Mais une fois ta carrière de joueur terminée, si jamais tu deviens entraîneur des gardiens, tes cours en psychologie vont t’aider, non?, que lui demande l’auteur de ces lignes.

«C’est vrai, tu as bien raison. C’est une expérience qui va sûrement m’aider un jour», concède-t-il en riant à nouveau. – RL

Un trophée qui ne fait pas une carrière

Si remporter le Hockey-Baker se veut un accomplissement remarquable, ça ne garantit néanmoins pas au vainqueur une grande carrière professionnelle.

Pour chaque Neal Broten (1981), Paul Kariya (1993), Ryan Miller (2001), Johnny Gaudreau (2014), Jack Eichel (2015), Cale Makar (2019) et Cole Caufield (2021) qui ont gagné le prestigieux trophée au fil des années, il y a aussi les Lane MacDonald (1989), Chris Marinucci (1994), Mike Mottau (2000), Peter Senna (2003), ou encore les frères Fusco, Mark (1983) et Scott (1986), que l’histoire a depuis longtemps oublié.

D’ailleurs, plusieurs malheureux finalistes s’en sont finalement fort bien tirés. On a qu’à penser à Adam Oates (1985), Brett Hull (1986), Brian Leetch (1987), Joe Nieuwendyk (1987), Rob Blake (1990) et un certain Martin St-Louis, qui lui est demeuré bredouille trois ans de suite (1995, 1996, 1997). On lui avait plutôt préféré Brian Holzinger, Brian Bonin et Brendan Morrison. Morrison et Holzinger ont eu de belles carrières dans la LNH, mais pour Bonin ça s’est limité à 12 petits matchs.

Pendant ce temps, Oates, Hull, Leetch, Nieuwendyk, Blake et St-Louis sont aujourd’hui au Temple de la renommée du hockey.

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